imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Vers un rachat de l'Ilva

Le 04 juin 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Les problèmes du sidérurgiste italien, basé à Tarente, pourraient être résolus par la vente du site à deux groupes italiens du secteur, Marcegaglia et Arvedi, associés au géant de l'acier, ArcelorMittal.


La presse italienne a confirmé l'intérêt d'ArcelorMittal pour le complexe sidérurgique géant de Tarente (Pouilles), en Italie, déjà annoncé en février dernier. Selon le quotidien économique Il Sole 24 Ore, l'opération serait menée avec deux importants acteurs de la sidérurgie locale, les groupes familiaux Arvedi et Marcegaglia, pour garantir l'aspect italien de l'acquisition. Le vice-ministre italien du Développement économique, Claudio De Vincenti, avait lancé un appel à la Fédération de la sidérurgie, Federacciai, pour qu'ils "fassent leur part" dans cette affaire. 
 
Basé à Crémone, en Lombardie, le groupe Arvedi, toujours dirigé par son fondateur, Giovanni Arvedi, dispose de fours électriques avec une capacité de 4 millions de tonnes (Mt). Il produit des aciers laminés, des tubes et des aciers inoxydables et spéciaux. Egalement dirigé par son fondateur, Antonio Marcegaglia, le groupe éponyme basé à Mantoue, en Lombardie, est spécialisé dans les tubes soudés. L'Ilva lui fournit 1,5 des plus de 4,5 Mt de tonnes d'acier qu'il achète pour les transformer. ArcelorMittal complèterait la "cordée", selon l'expression utilisée par la presse transalpine. "On n'avance plus, il faut accélérer", a confirmé le premier Ministre, Matteo Renzi, abordant la question de l'Ilva devant la direction du Parti Démocrate. 
 
La consommation d'acier en Europe est encore loin d'avoir retrouvé son niveau de 2007. La concentration des capacités de production et la fermeture des sites les moins productifs ne peut être que favorable au rééquilibrage du marché de l'acier, et à l'augmentation des taux d'utilisation des capacités soulignent les différentes analyses du secteur. L'Ilva a été fragilisé par ses démêlés avec la justice italienne qui l'accuse d'être responsable d'un désastre environnemental. Plus grand site sidérurgique en Europe, avec 12 Mt de capacités, sa production actuelle ne dépasse pas les 6 Mt. Son acquisition par trois groupes qui sont à la fois partenaires et concurrents pourrait sécuriser une partie de son activité. 
 
Interrogé par le magazine spécialisé Steel First, l'analyste de JP Morgan, Alessandro Abate, a expliqué qu'une prise de participation dans Ilva permettrait à ArcelorMittal de livrer des brames à Marcegaglia, augmentant le taux d'utilisation des capacités du site de Tarente. Toutefois, Ilva est un fournisseur majeur de Fiat, et la part d'ArcelorMittal dans la fourniture de laminés destinés à l'industrie automobile, qui approche déjà les 40%, ne manquerait pas d'attirer l'attention de la Commission Européenne. L'intervention des autorités de la concurrence pourrait cependant ouvrit d'intéressante perspectives au numéro un mondial de l'acier. La Commission européenne, en obligeant ArcelorMittal à réduire sa place dans la production d'aciers destinés à l'automobile, pourrait offrir au géant de céder certains actifs devenus peu rentables. 
 
Les dirigeants du sidérurgiste avaient su tirer profit d'une situation similaire après la fusion qui avait donné naissance à ArcelorMittal. Les autorités nord-américaines s'étaient alors émues de l'importance prise par Mittal lors du rachat d'Arcelor, sur le marché automobile. Mais plutôt que de renoncer à l'acquisition du canadien Dofasco, et de ses modernes capacités, le groupe avait proposé de céder son site de Sparrow's Point (le plus important du monde au début du 20e siècle), anciennement propriété de Bethleem Steel. Après être passé entre les mains de 5 propriétaires successifs, le site a été fermé. 
 
Cette fois-ci ce sont les actifs d'ArcelorMittal à Liège, en Roumanie, ou dans un autre pays de l'Est qui pourraient quitter le périmètre de la compagnie. Resterait à trouver un acheteur. Selon le rapport industriel et environnemental dressé par l'équipe du commissaire Enrico Bondi, dont la mission s'achève le 4 juin, la remise en activité de toutes les capacités d'Ilva requièrent un investissement global de 4,2 milliards d'euros répartis sur six années. Une somme importante qui pourrait être sensiblement réduite si les investissements se concentrent sur la mise à niveau d'une seule aciérie. Une production réduite de Tarente offrirait des débouchés supplémentaires au site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) qui ne tourne pas au maximum de ses capacités.

Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation