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Une mauvaise trempe pour la sidérurgie européenne

Le 22 octobre 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Avec un rebond de la demande qui n'était qu'un nécessaire restockage, le taux d'utilisation des capacités de production d'acier en Europe ne devrait guère s'apprécier, d'autant que le BTP et l'industrie automobile, les principaux utilisateurs d'acier, ne sont pas à la fête. La pression sur les prix restera importante, prévoit la banque UBS.


L'optimisme des marchés sur le redressement de la sidérurgie européenne n'est pas partagé par Carsten Riek, un analyste d'UBS qui, dans une étude du 21 octobre, parle de "reprise insaisissable". Pour la banque suisse, le rebond des cours des compagnies sidérurgiques conduira à une déconvenue une fois que le marché aura réalisé que le redressement attendu des résultats des entreprises du secteur ne se matérialisera pas. Tablant sur une maigre hausse de 2% de la consommation d'acier dans l'Union européenne en 2014, Carsten Riek ne voit pas le taux d'utilisation des capacités grimper au-dessus de 70%, "pas assez pour espérer une importante amélioration des résultats". Avec 35 à 40 Mt de capacités excédentaires (15% du total), la sidérurgie européenne est loin de se rééquilibrer. 
 
 
Dans un contexte de ralentissement de la croissance du pays, la sidérurgie chinoise ne peut guère envisager une baisse de sa production. Malgré un taux élevé de l'utilisation de ses capacités, note UBS, sa profitabilité n'a cessé de décliner. Avec une demande intérieure qui s'essouffle, les aciéristes doivent se tourner vers les marchés extérieurs, eux-mêmes déjà en surcapacité. Une réduction des capacités en Chine, certes favorable à sa rentabilité à long-terme, pèserait lourdement sur sa profitabilité à court et moyen terme. Selon la banque suisse, il faudra attendre que la demande d'acier en Chine remonte au niveau de ses capacités, que des fermetures soient réalisées dans les pays occidentaux et que la reprise économique arrive en Europe et en Amérique du Nord, pour que sidérurgie européenne revienne à son niveau d’avant la crise financière. 
 
 
Pour 2013 et 2014, UBS n'a pas modifié ses prévisions de croissance de la consommation d'acier en Europe, de 2% et 0,3% respectivement. L'activité dans la construction, qui représente environ la moitié de la demande d'acier, devrait se stabiliser et rester toujours faible dans le sud de la région. Dans l'automobile, constate l'analyste, les immatriculations se sont effritées alors que la production augmentait. L'augmentation des stocks qui a résulté de cet écart devrait rapidement entraîner un ralentissement de la production. Les exportations, principalement allemandes, devraient souffrir de l'appréciation de l'euro. Dès décembre, ce ralentissement devrait se traduire par une réduction de la consommation d'acier. Enfin, la hausse de la production de biens d'équipement  devrait s'inverser dès 2014. 
 
Le commerce extérieur de la sidérurgie européenne est fortement dépendant des variations de l'euro. Un euro faible soutient les exportations de produits sidérurgiques et décourage les importations. A l'inverse, un euro fort, s'il réduit les coûts des intrants (charbon métallurgique et minerai de fer), est défavorable aux ventes à l'étranger. Après un accès de faiblesse en mars, l'euro s'est apprécié de 6% face au dollar. Cette situation aura favorisé les importations et réduit de 40% par rapport à l'année précédente les exportations d'acier en 2013. 
 
 
Dans ce contexte difficile, UBS a revu en baisse la plupart de ses prévisions de prix pour la période 2013-2017. Le prix de la tonne de bobine de laminé à chaud, déjà tombé de 557 euros en 2011 à 471 euros en 2013, devrait poursuivre sa baisse pour atteindre 434 euros en 2017. De même, la tonne de laminé à froid, qui culminait à 653 euros en 2011, tomberait à 563 euros en 2013 et poursuivra son repli jusqu'à 520 euros en 2017. Pour les produits longs, le fer à béton chutera de 552 euros en 2011 à 422 euros en 2017, ayant repris 2 euros par rapport à l'année précédente. Le fil reprendra également 2 euros en 2017 à 413 euros, mais il s'échangeait à 480 euros en 2013 et 563 euros en 2011. 
 
En soi, rappelle l'analyste, les seules variations des prix de l'acier n'impliquent rien quant à la profitabilité des sidérurgistes, particulièrement dans une situation de surcapacités. Les récentes augmentations des prix des produits sidérurgiques n'étaient que la conséquence d'un rebond des prix des intrants, en particulier du minerai de fer. Les augmentations de marges pour les aciéries depuis deux mois ne sont que des rattrapages, et en aucun cas une augmentation des marges. 
 
En conséquence de la baisse attendue des prix et du bas taux d'utilisation des capacités, la banque suisse a revu à la baisse ses attentes de marges brutes pour les compagnies sidérurgiques, de 5% pour 2014 et de 3% pour 2015. La révision à la baisse est particulièrement importante pour ArcelorMittal, SSAB et Kloeckner. Le groupe luxembourgeois sera impacté par un fort retard de la montée en puissance de ses mines de fer du Liberia, qui ne devraient atteindre leur objectif de 15 Mt qu'en 2016, deux ans plus tard que prévu.

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