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Quand la Chine fera les prix des métaux

Le 08 avril 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Les ruptures d'approvisionnement entrainées par l'arrêt des exportations chinoises soulignent la dépendance de son industrie métallurgique vis-à-vis des minerais importés. La Chine dispose certes d'importants gisements de minerai de fer et de cuivre, mais ils sont éloignés des usines qui les traitent et de mauvaise qualité, souligne Christian Hocquard, un économiste géologue du BRGM. La nécessité de se procurer du minerai de fer à forte teneur pour limiter la pollution et la consommation d'énergie dans les hauts-fourneaux les plus modernes augmentent le pouvoir des trois grandes compagnies minières à fixer les prix.


La Chine a fortement augmenté ses capacités métallurgiques, réduisant d'autant ses importations de métal raffiné. Mais elle doit alimenter ses usines avec des concentrés de cuivre, de la bauxite, du minerai de nickel. Pour diminuer cette dépendance, note Christian Hocquard, le NRDC (le commissariat au plan), a demandé aux sidérurgistes d'assurer leur autosuffisance en minerai de fer à hauteur d'au moins 50%. Ces derniers ont donc multiplié les investissements, avec plus ou moins de réussite, comme le soulignent les déboires de Citic Pacific en Australie. Les accords de livraison, comme celui mis en place pour le cuivre d'Oyu Tolgoi en Mongolie, sont plus simples à réaliser. Minmetals, un autre groupe chinois, devrait acheter le prometteur gisement cuprifère de Las Bambas à Glencore Xstrata. 
 
En Afrique, les groupes d'Etat chinois ne sont pas restreints, comme les majors occidentaux, par des préjugés démocratiques. Ils peuvent, souligne l'économiste, investir dans des pays à "faible gouvernance". Ils peuvent également lancer des programmes "minerai contre infrastructures", comme en Angola, en RDC et en Guinée. Le recul des investissements des grands groupes miniers laisse aujourd'hui la place libre aux groupes chinois, et indiens, indique l'analyste du BRGM. 
 
La prochaine étape pour la Chine sera, une fois que sa monnaie sera devenue convertible, l'utilisation du yuan dans la cotation des matières premières.  L'an dernier le Hong Kong Exchange a déjà pris le contrôle de la première bourse de métaux, le LME. En association avec la bourse de Shanghai, il envisage de coter d'autres matières comme le charbon métallurgique. D'autres matières ont également des places de marché en Chine, les terres rares à Baotou, le minerai de fer à Dalian, les ferroalliages à Zhengzhou et les métaux rares au Fanya Metal Exchange. La Chine a bien compris que pour ne plus subir les prix, "il faut les faire", souligne Christian Hocquard.

 


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