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Miracle à Terni

Le 11 septembre 2014 par Daniel Krajka


De longues négociations se sont ouvertes en Italie pour décider du sort du complexe de production d'aciers spéciaux de Terni et de ses 3 000 travailleurs.

Le 3 septembre, le pape François avait vertement critiqué le plan de restructuration du groupe allemand ThyssenKrupp concernant l'aciérie italienne de Terni, en Ombrie. "Ceux qui, pour des raisons financières, suppriment du travail doivent savoir qu’ils retirent la dignité au travailleur", avait déclaré le Saint-Père devant les 20 000 personnes rassemblées ce jour-là place Saint-Pierre. "J'exprime ma profonde préoccupation pour la grave situation que vivent tant de familles de Terni en raison des plans de l'entreprise ThyssenKrupp", avait ensuite affirmé le pape, demandant à "ce que ne prévale pas la logique du profit mais celle de la solidarité". Le complexe AST (Acciai speciali Terni) avait été laissé hors du périmètre de fondation d'Inoxum lors de la fusion d'Outokumpu avec les aciers spéciaux du groupe allemand.
 
Depuis, les menaces s'étaient accumulé sur le site de Terni, ThyssenKrupp ayant même décidé de mettre 550 travailleurs en disponibilité et de révoquer la convention collective avec pour conséquence la suppression de diverses primes pour les salariés entrainant une baisse de 20% de leurs revenus. Outre l'intervention papale, à la demande de l'évêché de Terni, il aura fallu un mois d'agitation, une centaine d'heures de débrayages et finalement 15 heures ininterrompues de négociations pour faire reculer la direction. L'administrateur délégué de Terni, Lucia Morselli, a même déclaré que "ThyssenKrupp n'avait pas l'intention de céder l'AST", comme cela avait été évoqué précédemment. Avec 3 000 salariés, deux fours et trois lignes de laminage le site de Terni est le plus important de ce type en Italie. 
 
Les négociations entre la direction du site, les différents syndicats représentant les salariés, les autorités locales et les représentants du gouvernement vont se poursuivre au ministère du Développement économique. La fin des négociations est prévue pour le 4 octobre, date de la saint François. C'est un signe positif pour l'évêque de Terni, Giuseppe Piemontese, rappelant que le saint patron de l'Italie s'était arrêté à Terni et "adoucissant l'esprit et le cœur des hommes, pourrait aider à trouver une solution positive". S'il appelle au dialogue pour "vivre ensemble", l'évêque souligne qu'il ne faut pas se laisser aller à la violence.
 

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