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Le retour des fusions-acquisitions

Le 06 mai 2010 par Daniel Krajka


Après ralentissement des acquisitions en 2009, le secteur des mines et des métaux va retrouver la voie des fusions, toujours tirées par les besoins des entreprises chinoises, mais également par la restructuration du secteur.

« Alors que l’industrie des métaux émerge de la récession économique, l’objectif à court terme sera concentré sur la croissance organique et les investissements en capitaux », rappelle le dernier rapport, Forging Ahead, publié par PricewaterhouseCoopers. Toutefois, les entreprises du secteur devraient progressivement se relancer dans des opérations de fusions-acquisitions, malgré la difficulté à trouver le financement nécessaire, et ce, dans un environnement toujours plus volatile.

 

Pour la première fois depuis juillet 2009 deux fusions de plus de 1 milliard de dollars ont été annoncées, rappelle l’étude. Des firmes chinoises étaient engagées dans les deux opérations, Chinalco, en association avec Rio Tinto dans le minerai de fer guinéen, et East China Mineral exploration & Development Bureau dans l’acquisition d’Itaminas, un mineur de fer au Brésil. Ce retour en grâce des M&A devrait s’accélérer, affirme PwC qui a identifié 21 opérations pour une valeur combinée de 5,9 milliards au premier trimestre. Si ce chiffre semble modeste par rapport à l’année précédente où une seule opération – le joint-venture entre BHP Billiton et Rio Tinto pour exploiter en commun le minerai de fer du Pilbara, une opération loin d’être réalisée – avait représenté 68% de la valeur globale, 84,7 milliards, des transactions annoncées.  

 

Et les annonces se sont précipitées puisque depuis le numéro un du minerai de fer, Vale, a cédé ses activités dans l’aluminium au norvégien Norsk Hydro pour un mélange de cash et d’actions évalué à 4,9 milliards de dollars. Auparavant le brésilien avait investi 2,5 milliards de dollars pour racheter 51% de la participation de BSGR dans le gisement guinéen de minerai de fer de Simandou. Enfin, mais ce n’est pas fini, Newcrest Mining annonçait cette semaine le rachat pour 8,8 milliards de dollars du mineur d’or Lihir Gold.

 

La proportion d’opérations effectuées au moyen de prise de participation minoritaires a tendance à reculer, constate Pwc, ce qui tendrait à démontrer une plus grande confiance de la part des acquéreurs ainsi qu’une plus importante disponibilité des financements. Mais le recours aux joint-ventures comme technique d’acquisition reste à l’ordre du jour, comme l’indiquent les deux opérations dans le minerai de fer guinéen, Rio et Chinalco, comme Vale et BSGR. Il faut noter que la part en numéraire dans les M&A tend à se réduire au profit des échanges d’actions.

 

La place de l’ex empire du Milieu a continué de croître au premier trimestre avec quatre des cinq plus importantes opérations incluant des firmes chinoises. En 2009 38% des sociétés acheteuses étaient chinoises, une proportion qui atteint 57% au premier trimestre 2010, indique le consultant. Dans la sidérurgie chinoise le mouvement de concentration se poursuit, Jinan Iron and Steel a racheté Laiwu Steel pour 438 millions.

 

Historiquement, l’activité de fusions-acquisitions s’était raffermie dans les trimestres qui avaient suivi les deux récessions de 1990-1991 et 2001, rappelle l’étude. Quant à la sortie de récession actuelle, « bien que des prix plus élevés des métaux offrent une meilleure monnaie d’échange aux opérations dans ce secteur, la possibilité d’une reprise lente de l’économie dans les pays développés devrait retarder un rebond soutenu du nombre des opérations », estime prudemment PwC. Les récentes annonces du mois de mai ont peut-être remis en cause cette prudence.

 


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