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Coup de mou pour l’acier inoxydable en Europe

Le 14 septembre 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Réunis à Stockholm, les acteurs de l’inox font preuve d’un optimisme très prudent, malgré un prix modéré du nickel.

 

A long terme, le marché global de l’acier inoxydable devrait continuer de croitre, a expliqué Philippe Darmayan, le directeur général d’Aperam, lors de la 11e conférence sur les aciers inoxydables et spéciaux organisé à Stockholm mi-septembre par le Metal Bulletin. « L’acier inoxydable demeure un matériau capable de se substituer à d’autres métaux », a-t-il rappelé, concédant qu’avec une économie européenne en petite santé les « perspectives à court terme n’étaient pas brillantes ». La demande chinoise ralentit et l’Europe souffre toujours de ses surcapacités.

Dans l’immédiat, le carnet de commandes d’Aperam est peu rempli. Une situation qui correspond à un marché de l’acier inoxydable très faible en Europe. « La pression sur les prix sur le marché européen de l’acier inoxydable continue alors que les ventes subissent une demande faible », a noté Carl Landuydt, le responsable des achats d’Aperam. Le manque de visibilité des commandes, les importations venues d’Asie et les surcapacités fragilisent l’industrie européenne. Celle-ci devra se concentrer sur les technologies à haute valeur ajoutée et être plus inventive, avec des matériaux mixtes, pour rester compétitive.

La prudence d’Aperam est partagée par un dirigeant de l’aciériste taiwanais Yusco (Yieh United Steel). S’il table sur une poursuite de la croissance de la production globale d’inox, Jeffrey Hsu prévoit un rythme réduit. Le secteur a perdu de l’argent depuis deux-trois ans, il a besoin de profits, mais, « quand les stocks sont bas, les consommateurs reviennent », assure-t-il. En Chine, les producteurs d’inox bénéficient d’une offre de fonte de nickel, meilleur marché, une situation dont profite Yusco qui possède une filiale, Lisco, à Guangzhou, et qui va mettre en activité une usine de ferronickel dans le Fujian, en 2013.

Le nickel en surplus

« Le marché du nickel devrait rester en surplus de 60 000 tonnes en 2012 et de 50 000 tonnes en 2013 », a affirmé Carl Landuydt, lors de la conférence de Stockholm. Les prix du métal du diable devraient cependant s’apprécier jusqu’à 18 000 dollars, est venu dire Jim Lennon, de Macquarie Research. La situation économique globale et une baisse de la production d’acier inoxydable pourraient toutefois faire chuter les prix, a mis en garde l’analyste. Des prévisions en ligne avec celles de Carl Landuydt.

Selon le directeur général de l’aciériste néerlandais Oryx Stainless, Tobias Kämmer, « aussi longtemps que le problème des capacités d’utilisation n’aura pas été résolu, le prix du nickel évoluera dans une fourchette étroite ». Dans ce contexte, les producteurs de fonte de nickel et de ferronickel réagissent rapidement aux variations du prix du métal. Ils arrêtent leurs capacités quand les cours tombent sous les 15 000 dollars et les redémarrent quand leur production redevient profitable, vers les 18 000-19 000 dollars. Tobias Kämmer, qui écarte tant la possibilité d’un effondrement des prix que d’un envol vers les 30 000 dollars, table donc à moyen terme sur une fourchette comprise entre 15 000 et 20 000 dollars.


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