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En Amérique du Nord les aciéries électriques poursuivent leur ascension

Le 28 octobre 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Contrairement à ce qui se passe en Europe, la production d'acier à base de ferrailles a fait le succès des aciéristes électriques aux Etats-Unis et au Canada.

Les groupes qui disposent "de bilans financiers sains et de cultures d'entreprise fortes" vont mener la nouvelle période de restructuration qui va se produire dans la sidérurgie nord-américaine. C’est ce qu’affirmait dans un entretien avec la publication spécialisée AMM le président de la Steel Manufacturer Association, Philip K Bell. Cette association qui représente 31 mini-mill (aciérie électrique) d'Amérique du Nord, rappelle la part en constante augmentation prise par la production d'acier à base de ferrailles.  
Si en 2013 ArcelorMittal était le premier producteur d'acier en Amérique du Nord - utilisant principalement des fours à oxygène avec six de ses sites équipés de fours à arc électrique - Nucor, le premier producteur d'acier à base de ferrailles, arrivait au deuxième rang. Trois des six plus importants producteurs d'acier d'Amérique du Nord sont aujourd'hui des aciéristes électriques. La part des aciéries électriques dans la production d'acier aux Etats-Unis a bondi de moins de 50% en 2000 à plus de 60% en 2014. Ces entreprises emploient 60 000 salariés et continuent de grossir par croissance organique ou acquisitions. Nucor vient ainsi de racheter Gallatin Steel, un aciériste basé dans le Kentucky alors que Steel Dynamic (SDI) a profité du retrait de Severstal pour mettre la main sur un mini-mill dans le Mississippi.
 
 
Ces groupes n'ont pas hésité à se lancer dans la réduction directe (DRI) comme Nucor, ou dans l'utilisation de minerais alternatifs comme SDI avec son projet Mesabi Nugget. SSAB Americas, une compagnie de l'Illinois, a travaillé à l'optimisation de son procédé et à la suppression des engorgements de la production pour améliorer le taux d'utilisation de ses capacités. 
 
La concentration du secteur de l'acier s'est accélérée en Amérique du Nord entre 2000 et 2013. En 2000 il y avait encore 69 aciéristes aux Etats-Unis et 12 au Canada. Treize ans plus tard ils n'étaient plus que respectivement 38 et 10. Le nombre d'aciéristes électriques est tombé de 39 à 22 aux Etats-Unis et de 8 à 6 au pays de la feuille d'érable. La montée en puissance des investissements étrangers a puissamment contribué à ce mouvement en multipliant les acquisitions. La part des aciéristes aux Etats-Unis et au Canada contrôlés par des intérêts étrangers a bondi de respectivement 9% et 8% en 2000 à 40% et 89% en 2013. 
 
Le marché américain du nord va continuer de croitre, toutefois les capacités non utilisées sont suffisante pour répondre à la demande. La concentration du secteur a aidé au rééquilibrage du marché mais a été contrebalancée par l'ouverture de nouvelles capacités. Le rapide développement de l'exploitation du pétrole et du gaz de roche a offert d'importants débouchés aux sidérurgistes. Le secteur de l'énergie a fortement contribué en 2014 à la demande additionnelle d'acier, pratiquement autant que l'automobile. Les deux secteurs assurent ensemble plus des deux tiers de la croissance de la consommation. "Prudemment optimiste pour la fin de l'année et le début de 2015, Philip K Bell rappelle que la bonne profitabilité des aciéries électriques ne dépend pas que de l'amélioration des fondamentaux du marché de l'acier. Après une baisse en début d'année, le prix des ferrailles s'est stabilisé depuis le début de l'été. 
 
 
Les capacités de production d'acier en Amérique du Nord ont peu évolué en plus d'une décennie. De 163,9 millions de tonnes (Mt) en 2000 elles avaient légèrement reflué à 162,7 Mt en 2012 avant de baisser à 156,7 Mt avec la liquidation de RG Steel, l'héritier de l'historique Wheeling-Pittsburgh. Tombé à pratiquement 50% en 2009, le taux d'utilisation des capacités de la sidérurgie du sous-continent a rebondi à 70% l'année suivante et a poursuivi une hausse vers les 80%. On est loin cependant des près de 90% qui étaient la norme entre 1990 et 2007. Si le taux est en moyenne supérieur à 75% en 2014, pour les produits longs, avec une activité dans l'immobilier toujours déprimée, ce taux continue d'évoluer entre 60 et 65%. 
 
 
La profitabilité des entreprises de la sidérurgie qui était déclinante dans le monde et en particulier en Amérique du Nord, a subi le choc de la crise financière et de l'effondrement de la demande d'acier qui en a découlé. Le taux moyen d'ebitda des quarante plus importants sidérurgistes mondiaux était encore de 16,5% en 2008. Il n'était plus que de 10,2% l'année suivante et même sous les 5% en Amérique du Nord. La marge brute retombait à 7,4% en 2012 pour se redresser à 10% en 2013.

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