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ArcelorMittal s'intéresse à Ilva

Le 10 février 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Le sidérurgiste luxembourgeois envisagerait de prendre tout ou partie du sidérurgiste italien fragilisé par les problèmes environnementaux de son site géant de Tarente. Une ambition qui semble complexe à réaliser et que n'a pas confirmé le groupe.


Le numéro un mondial de la sidérurgie, ArcelorMittal, étudie actuellement le dossier Ilva, croit savoir le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore, sans toutefois révéler ses sources. Dans ces temps difficiles pour le plus important site sidérurgique d'Europe, le simple fait qu'un géant de l'acier puisse s'intéresser à ce dossier, "c'est déjà ça", souligne l'organe de la Confindustria, le Patronat italien. 
 
Après le rachat de l'usine flambant neuve de ThyssenKrupp en Alabama, en partenariat avec Nippon Steel, ArcelorMittal semble avoir repris sa course à la croissance. Le groupe sidérurgiste italien Ilva, contrôlé à hauteur de 62% par la famille Riva, possède entre autres l'aciérie géante de Tarente, dont le fonctionnement est depuis longtemps perturbé par une question de santé publique. Un taux de cancers et de maladies respiratoires autour de l'usine – construite hors de la ville, l'usine est désormais entourée d'immeubles construits par des promoteurs immobiliers sans scrupule – largement supérieur à la normale a entrainé des fermetures à répétition par les autorités judiciaires. Un commissaire du gouvernement a été nommé, Enrico Bondi, chargé de veiller à la dépollution du site. 
 
Enrico Bondi a entamé des discussions avec le gouvernement bien sûr, mais également avec les banques créditrices du groupe et même les syndicats. Il envisagerait non seulement de remédier aux origines de la pollution engendrée par l'aciérie, mais également de le moderniser. Comme d'autres sidérurgistes, le groupe, affaibli par les conséquences de la crise financière n'a guère investi depuis 2008. Pour une capacité d'une dizaine de millions de tonnes (Mt) d'acier par an, ses ventes qui n'étaient que de 8,3 Mt en 2012 avaient chuté à 6,3 Mt en 2013. L'usine livre l'industrie automobile, les chantiers navals et l'électroménager, mais également le BTP, secteur toujours en crise où il est durement concurrencé par les aciéristes turcs.  
 
Selon la presse italienne, la remise aux normes environnementales du site d'Ilva coûterait 1,8 milliard d'euros et le nouveau plan de restructuration 1,2 milliard, soit la nécessité de trouver 3 milliards d'euros. Le financement serait assuré par un nouvel emprunt auprès des banques à hauteur de 2,3 milliards et par une augmentation de capital de 700 millions d'euros. Des sommes considérables à ajouter à une dette qui atteint déjà 2,5 milliards d'euros. 
 
ArcelorMittal, qui avait déjà été éconduit il y a plus d'un an, serait revenu à la charge, affirme Il Sole. Il aurait l'intention de racheter tout ou partie d'Ilva, ou par un accord de cession avec la famille Riva, soit en participant à l'augmentation de capital. Une prise de contrôle de l'aciérie de Tarente donnerait au groupe luxembourgeois une place prépondérante dans la sidérurgie de l'Europe du Sud. Mais elle ne pourrait qu'attirer l'attention des autorités de la concurrence de Bruxelles. Encore dans le rouge et lourdement endetté, ArcelorMittal, qui vient de procéder à une acquisition majeure aux Etats-Unis, peut-il trouver les financements nécessaires à la relance d'Ilva? D'autant que les problèmes s'accumulent en Europe de l'Est et en Afrique et que sa stratégie actuelle privilégie les investissements dans le secteur minier au détriment de la sidérurgie. Comme il est d'usage la direction d'ArcelorMittal "ne commente pas les rumeurs".

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