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Les ferrailles et l'acier recyclé à la peine

Le 15 janvier 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Recyclage
Acier
Acier

Chez les aciéristes, la filière électrique souffre de prix énergétiques et de coûts des intrants qui ont baissé beaucoup moins vite que ceux de leurs concurrents travaillant à partir de minerai.

 

Pour les mêmes raisons que le pétrole – un décalage entre une demande ralentie et une offre rendue pléthorique par des investissements lancés en pleine hausse des cours – le minerai de fer a perdu 50 % de sa valeur depuis 2013. « Le ralentissement de la demande chinoise se conjugue avec la mise sur le marché de nouvelles capacités, car il faut dix ans pour ouvrir une mine », rappelle Marcel Genet, le président de Laplace Conseil.

 

L'Ebitda redistribué entre amont et aval

 

Cette situation rééquilibre la répartition verticale des marges. Alors qu’en 2011 l’excédent brut d’exploitation de la filière acier était réalisé à 81% chez les mineurs et à 19% chez les sidérurgistes, il atteindrait respectivement 60% et 40% en 2015, selon Laplace Conseil. Mais les aciéristes ne sont pas tous logés à la même enseigne. Si la filière intégrée (transformation du minerai de fer dans des hauts fourneaux) voit augmenter ses marges, la filière électrique ou "mini-mills" (production d’acier à base de ferrailles recyclées) est pénalisée à deux titres par rapport à ses concurrents. Ses coûts énergétiques – majoritairement de l’électricité – ne répercutent pas la chute du prix du pétrole, et ses coûts en matières premières n’ont pas baissé autant que les matières vierges.

 

Les ferrailles perdent en compétitivité

 

Le prix des ferrailles suit habituellement la fluctuation de celui du minerai de fer, montant rapidement lorsque celui-ci est à la hausse et s’adaptant mieux encore à la baisse. Mais depuis neuf mois, les ferrailles (qui ont tout de même perdu 20% de leur valeur en 2014), ont échoué à s’adapter. Elles devront encore perdre 40 à 60 euros par tonne pour redevenir compétitives face au minerai, « sinon les sidérurgistes vont se tourner vers les demi-produits chinois », affirmait Marcel Genet lors de la convention annuelle de la Fédération des entreprises du recyclage (Federec) fin décembre 2014.

 

L’année 2015 sera rude pour les recycleurs de métaux, qui ont vu leurs prix de vente chuter et doivent se préparer à les abaisser d’autant. Seule consolation, pour les recycleurs comme pour les aciéristes : tous les exportateurs bénéficieront d’un euro faible, auquel Goldman Sachs invite à s’habituer.


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