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Fermer Ilva, une solution aux surcapacités de la sidérurgie européenne

Le 23 juin 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Une fermeture partielle, ou mieux totale, du complexe sidérurgique italien, augmenterait mécaniquement le taux d'utilisation des autres sites en Europe, et améliorerait leur profitabilité.


Avec une demande d'acier encore loin de son niveau d'avant 2008, la sidérurgie européenne continue de souffrir d'importantes surcapacités, évaluées à 20 millions de tonnes (Mt) par l'analyste d'UBS Carsten Riek. Plus important complexe sidérurgique d'Europe, Ilva à Tarente dispose à lui seul de 11,2 Mt de capacités de production d'acier, soit 5% des capacités européennes totales. Il "suffirait" de fermer la moitié des installations de Tarente, comme l'a suggéré Massimo Muchetti — le président Mucchetti nous a précisé qu’il travaille au niveau parlementaire à ce que l’Ilva maintienne son niveau actuel de production —, un membre du Parlement responsable de la commission pour l'Industrie, pour retirer de 4 à 6 Mt du marché, soit 20 à 30% des capacités excédentaires de la sidérurgie européenne. La fermeture totale du site, effacerait plus de la moitié, 58% précisément, de ces surcapacités, a calculé la banque suisse.

 

 

La fermeture, partielle ou totale, du site de Tarente serait assurément une mauvaise nouvelle pour les 11 000 salariés d'Ilva, mais elle serait positive pour ses concurrents, explique UBS. Leur taux d'utilisation de capacité remonterait de 3 à 4% à 74% dans l'hypothèse d'une fermeture de la moitié du site, suffisamment pour justifier une hausse du prix de vente de la tonne d'acier compris entre 3 et 18 euros (dans l'hypothèse d'une fermeture totale). Une fermeture totale pourrait même ramener d'ici à 2018 les taux d'utilisation vers les 80%. Cette fermeture n'irait cependant pas sans des coûts importants. Pour obtenir l'aval des autorités italiennes les travailleurs qui perdraient leurs emplois devraient obtenir un plan massif de formation pour leur permettre de retrouver un emploi correct. A un coût pour la fermeture de la moitié du site, évalué entre 600 et 900 millions d'euros, s'ajouteraient jusqu'à 100 millions d'euros destinés à la formation des licenciés. Le coût total pourrait ainsi grimper à 1 milliard d'euros.

 

 

L'acheteur, ou les acheteurs potentiels, du site devra obtenir le soutien de la Commission européenne. Dans le cas d'ArcelorMittal, les autorités de la concurrence interviendront car la part du géant de l'acier dans les aciers plats dépassera les 40% du marché européen. Pour protéger la restructuration du site, la Commission devra également protéger des importations le marché européen de l'acier, souligne Carsten Riek. Une acquisition pèsera sur les compte d'ArcelorMittal, met en garde UBS. La banque suisse estime que les grands bénéficiaires de la restructuration de Tarente seront l'allemand Salzgitter, les nordiques SSAB et Rautaruukki, ainsi que l'autrichien Voestalpine, qui se tiennent à l'écart de l'opération. Un rétrécissement de l'offre améliorera leurs marges, sans qu'ils n'aient à se préoccuper des coûts potentiels de la restructuration de l'Ilva.

 

La question ne se résoudra pas avant la fin de l'été, estime l'analyste. En attendant Claudio Riva, le fils du fondateur du groupe Riva, propriétaire d'Ilva, expliquait dans une interview au quotidien Il Sole 24 ore, fin mai, que le site de Tarente brûle 60 à 80 millions d'euros chaque mois. Une question qui exige une solution rapide, d'autant que la baisse actuelle des prix de l'acier aggrave la situation. Le rebond de la sidérurgie en Europe – +2,7% sur un an en mai, et +4,6% pour les 5 premiers mois de l'année, selon les derniers chiffres publiés par Worldsteel – a entrainé une sensible augmentation des stocks. Ceux-ci ont bondi de près de 20% en Allemagne depuis novembre 2013, pointe la banque suisse, soulignant également que les exportations nettes avaient reflué de 18% sur un an au premier trimestre.


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