imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

« Unilever, le plus gros acheteur d’huile de palme au monde, veut montrer l’exemple »

Le 02 décembre 2011 par Lilly Thomann


Nicolas Ladrange, technical manager pour la filiale française de l’entreprise anglo-néerlandaise Unilever revient sur le classement 2011 de WWF. L’association, qui fait partie de l’organisation Roundtable Sustainable Palm Oil (RSPO), attribue des notes de 1 à 10 à 132 entreprises en fonction de l’huile de palme qu’elles utilisent.

Vous avez reçu 8/10 au classement WWF… Comment expliquez-vous cette note ?
Cette note est liée à un engagement très fort d’Unilever pour l’utilisation et l’approvisionnement d’huile de palme durable. Nous sommes cofondateurs de la table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO) en 2004 aux côtés d’autres acteurs de la filière et des ONG environnementales comme le WWF. Nous nous sommes engagés publiquement en mai 2008 à nous approvisionner uniquement en huile de palme durable certifiée RSPO d’ici 2015. Nous respectons ainsi huit critères que notre groupe établit, dont la transparence de l’information, le respect des règles concernant l’huile de palme qu’imposent les gouvernements ou la lutte contre la pollution. Il faut utiliser de l’huile de palme durable.

Qu’est-ce qu’implique le fait d’adhérer au RSPO ?
Cela implique d’acheter de l’huile de palme à différents fournisseurs qui respectent ce label. Ce produit est, bien sûr, plus cher que l’huile traditionnelle, mais induit le fait que s’il y a déforestation, elle n’aura lieu que dans certains endroits en fonction de critères cartographique et géographique.

Pour quels produits utilisez-vous l’huile de palme ?
La margarine, les soupes déshydratées et les savons…

Quelle est la part d’huile de palme certifiée sur la quantité totale ?
Plus de la moitié. Unilever est le plus gros acheteur d’huile de palme au monde. Au total, nous en achetons plus d’un million de tonnes par an.

Y a-t-il un organisme de contrôle dans cette association, qui s’assure du respect des engagements que prennent les membres ?
Oui. Une commission appelée Green Palm, qui est en fait un autre membre fondateur de l’association RSPO, est chargée d’effectuer des contrôles tous les deux ans. Mais GreenPalm est juridiquement indépendant de la RSPO.

Avez-vous déjà été contrôlé ?
Je ne m’en souviens pas, en tout cas, en ce qui concerne notre entreprise à Paris. Mais les contrôles existent mais ne concernent pas la France.

N’y a-t-il pas d’autres alternatives à l’utilisation de l’huile de palme ?
Non. Nous utilisons cette huile depuis le début du XXe siècle. Aujourd’hui, l’huile de palme certifiée, c’est le top. Il faudrait aller vers l’usage de 100% d’huile certifiée. Elle offre un rendement huile produite par hectare extraordinaire.

A-t-on la possibilité de le faire en respectant un critère de non-déforestation ?
Bien sûr. Il faut savoir qu’un arbre ne vaut pas un arbre. Le palmier offre des performances uniques que d’autres n’ont pas. Et Unilever souhaite montrer l’exemple sur ce point à toutes les entreprises.

Est-ce en raison de son prix que l’huile de palme certifiée n’est pas utilisée par toutes les sociétés ?
Oui, mais pas uniquement. Passer à ce type de produit inclut la conversion de toute la filière, à savoir respecter les contraintes en termes de mouliniers, de raffineurs, d’accompagnement des fournisseurs… Toute cette logistique peut paraître lourde.



Définir la certification RSPO

RSPO est une association à but non-lucratif, créée de manière informelle en 2002, par plusieurs associations et sociétés dont WWF, Unilever ainsi que Green Palm. En 2004, le label se crée avec l’objectif de promouvoir la croissance et l’utilisation d’une huile de palme durable à travers des engagements. RSPO compte aujourd’hui 701 membres dans le monde. La cotisation coûte 2000 euros par an pour un membre ordinaire, c’est-à-dire qui a une implication directe dans la chaîne d’approvisionnement d’huile de palme.

Les acteurs impliqués dans cette initiative sont notamment les producteurs d'huile de palme, les commerçants, les fabricants, les banques et les investisseurs, les ONG environnementales, sociales et aussi celles spécialisées en développement.
RSPO dit favoriser les activités qui aident à réduire la déforestation et préserver la biodiversité ainsi que respecter les principes des communautés rurales dans les pays producteurs.

« Cette certification assure qu'aucune nouvelle forêt ou autres zones à conserver sont sacrifiés pour des plantations de l’huile de palme, que les plantations appliquent les meilleures pratiques pour une production durable et que les droits fondamentaux et les conditions de la vie de millions de travailleurs des plantations et les populations autochtones soient pleinement respectés », stipule le dernier document de principes daté de 2006.
Tous les cinq ans, le règlement RSPO est réactualisé en fonction des contraintes mondiales.
 

 

Lire aussi en rapport avec ce sujet cet article sur usinenouvelle.com

 


Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -