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Très chère huile d'olive

Le 16 décembre 2014 par Sylvie Rantrua
Olives
Olives

La production 2014/2015 s’effondre dans les principaux pays producteurs et les prix s'envolent. En France, 70 % de la récolte d’olives est menacée.

 

La récolte des deux principaux pays producteurs d'huile d'olive est désastreuse cette année. L'Espagne perd plus de la moitié de sa production à cause de la sécheresse et passe d'une production record de 1,7 million de tonnes en 2013/2014 à une production estimée à seulement 825 700 tonnes en 2014/2015.

 

Quant à l’Italie, un hiver doux et un été pluvieux y ont favorisé le développement de la mouche de l'olive (Bactrocera Oleae) dans la partie nord du pays, alors que les oliveraies au sud de la botte ont été exposées à une bactérie venue d'Amérique, la Xylella Fastidiosa. Résultat : la production italienne devrait chuter d'un tiers, passant de 461 200 tonnes à 302 500 t.

 

La France, elle aussi touchée par la mouche de l'olive, risque de perdre 70 % de sa récolte. Sur les 5 500 tonnes attendues, seulement 1 500 seront probablement récoltées. Les conditions climatiques ont favorisé le cycle de reproduction de la mouche, qui pond ses œufs sous la peau des olives. Résultat, dans certaines oliveraies, les fruits n'ont même pas été ramassés. Si pour la mouche de l'olive des traitements sont possibles, en revanche pour la Xylella Fastidiosa, qui attaque aussi d'autres espèces (vignes, caféiers...), la seule solution est l'arrachage des plants contaminés.

 

Tension sur les prix

 

La hausse de la production en Grèce et en Tunisie, numéros trois et quatre mondiaux de l'huile d'olive avec respectivement 300 000 tonnes et 260 000 tonnes, ne permettra pas de compenser les déficits espagnol et italien.

 

Selon les données du Conseil oléicole international (COI), la campagne 2014/15 estimée à 2,4 millions de tonnes s’annonce inférieure de 27 % à la précédente. Même si elle est en baisse de 7 %, la consommation mondiale d'huile d'olive devrait atteindre 2,8 millions de tonnes en 2014/15. Au vu du déséquilibre entre l'offre et la demande, les prix grimpent. En Espagne, ils n'ont cessé d'augmenter depuis juin pour atteindre 2,93 €/kg fin novembre, soit 28 % de plus par rapport à la même période de l'année précédente. En Italie, la hausse est encore plus violente : 5,86 €/kg fin novembre, soit un bond de 121 % en un an. La tension sur les prix devrait persister.

 

Cependant, pour certaines productions - notamment pour l'huile française, un marché de niche, et pour certaines origines italiennes - les prix sont déjà très hauts. Difficile d'imaginer qu'ils puissent encore grimper. Les différences de prix selon les origines découlent des modes de production. L'Espagne pratique une culture intensive de l'olivier, en monoculture avec irrigation avec une récolte mécanisée alors qu'en Italie et en France, les exploitations sont beaucoup plus petites et la récolte se fait souvent à la main. Les coûts de production ne sont évidemment pas les mêmes.

 

Menace sur les exploitations françaises

 

France: une filière atypique

  • Production moyenne 5 000 tonnes
  • 22 000 hectares en production (PACA, Languedoc-Roussillon, Corse, Rhône-Alpes)
  • 50 000 oléiculteurs amateurs
  • 9 000 exploitants agricoles, l'oléiculture représentant une activité secondaire.
  • 268 ateliers de transformation, dont 48 coopératives
  • CA généré par la transformation : 10 à 12 millions d'euros
  • CA généré par la vente : 50 millions d'euros (HT)
  • La moitié de la production est autoconsommée.

La production française représente un peu moins de 5% de notre consommation.

 

Le bilan risque d'être lourd pour les oléiculteurs français, mais aussi pour tous les acteurs de la filière. « Pour les transformateurs - les mouliniers et les coopératives - c'est une double peine : non seulement ils perdent les revenus de la transformation, mais aussi ceux de la commercialisation », explique Olivier Nasles, président de l'Association française interprofessionnelle de l'olive (Afidol). « La filière va perdre 31 à 33 millions d'euros », estime-t-il. C'est une année noire, la pire après celle de 1956, où le gel avait frappé les oliviers. Il a rendez-vous le 17 décembre au ministère de l'Agriculture pour défendre un plan de soutien pour l'oléiculture, et notamment des possibilités de report sur les échéances de prêt et des mesures de maintien de l'emploi pour les 268 transformateurs.


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