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Menace sur l'anacarde africaine

Le 13 mai 2009 par Rédaction L'Usine Nouvelle

Faute d'industrialisation, la filière noix de cajou risque de disparaître.



« Sans transformation, la filière cajou africaine disparaîtra faute de débouchés, dès que l'Asie arrêtera les importations des noix brutes africaines », a mis en garde la ministre ivoirienne de l'Industrie, Marie Amah Tehoua, au cours de l'ouverture de la conférence internationale sur la « Transformation locale de la noix de cajou : défis et perspectives » qui réunit quatorze pays producteurs africains à Abidjan les 12 et 13 mai. Selon l'Association pour le développement de la filière cajou africaine (Adefica), 98 % de la production africaine, soit 650 000 tonnes dont 350 000 pour la seule Côte d'Ivoire (deuxième producteur mondial derrière l'Inde), seraient exportés à l'état brut vers l'Inde et le Vietnam pour y être transformés. Ces deux pays revendent ensuite l'amande sous le label indien ou vietnamien aux Etats-Unis et en Europe.

« Malgré les performances de la production, force est de reconnaître que la filière connaît en ce moment sa crise la plus profonde avec une industrialisation ratée, assure Amadou Gon Coulibaly, le ministre ivoirien de l'Agriculture. Les investissements consentis au plan local permettent de transformer à peine 3 % de la production. » Selon les chiffres officiels, la Côte d'Ivoire ne dispose que d'une capacité de transformation de 10 000 tonnes.

Afin de combler cette lacune, les participants de la conférence ont décidé de doter les zones de production de petites unités industrielles de traitement. Selon Gaoussou Touré, le président de l'Adefica, le matériel de production et de construction nécessiterait un investissement de 200 milliards de francs CFA (305 millions d'euros). Les acteurs de la filière ont en outre préconisé une « exonération totale des droits de taxes d'entrée et de TVA sur le matériel d'usine » et de construction ainsi que l'exonération de l'impôt foncier sur une période cinq à dix ans.

Le projet permettrait de créer 250 000 emplois et des rentrées fiscales annuelles d'environ 40 milliards de francs CFA (61 millions d'euros) pour les pays producteurs. De plus, souligne Marie Amah Tehoua, l'industrialisation permettrait d'améliorer les revenus des petits producteurs. « Le paysan ivoirien perçoit 150 francs CFA pour un kilo de noix de cajou brute, alors que le produit final coûte 10 000 francs CFA le kilo sur le marché international. »

Pascal Coesnon


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