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Les parcs à engraissement comme moteur de l'industrie brésilienne de la viande bovine

Le 29 octobre 2014 par Franck Stassi


L’industrie brésilienne de la viande bovine compte rattraper son retard en matière de productivité en développant l’usage des parcs à engraissement. Ceux-ci sont de gros consommateurs de céréales, l’une des premières activités du pays.


Deuxième producteur mondial de viande bovine derrière les Etats-Unis, le Brésil compte prendre la première position d’ici à 2023, affirme Rabobank. Il en est déjà le premier exportateur mondial, avec 2 235 millions de tonnes équivalent carcasse (intégrant les os et gras présents dans les animaux), selon les chiffres du Département américain de l’agriculture. Néanmoins, "l’industrie brésilienne reste relativement inefficace au vu des normes mondiales, avec une productivité et des rendements en-dessous de la moyenne du secteur", estime Rabobank.
 
La solution réside dans le développement des capacités des parcs à engraissement de bovins. D’après la banque néerlandaise, elles doubleraient lors de la prochaine décennie, à 4,5 millions de têtes. Actuellement, moins de 10 % de la viande bovine brésilienne transite par les parcs à engraissement, aussi appelés feed lots. Les parcs à engraissement se caractérisent notamment par des espaces de production réduits au maximum. La banque néerlandaise estime que leur expansion permettrait de dégager 4,8 millions d'hectares de pâturages d'ici à 2023, autant de nouvelles surfaces pouvant être allouées à la production céréalière.
 
"L’intensification est essentielle pour le développement de l’industrie brésilienne du bœuf", ajoute Rabobank. Le renforcement des capacités favorisera l’abattage de bovins plus jeunes et plus lourds. Jusqu’à 500 millions de dollars d’investissement seraient nécessaires pour résoudre ce défi, d’après les données de Rabobank et de l’Association brésilienne des parcs à engraissement. 
 
Des besoins accrus en céréales
 
Cette course à la croissance nécessitera l’accroissement de la production de maïs et de soja, qui passerait de 162 millions de tonnes (Mt) en 2013-2014 à 211 Mt en 2022-2023. Les maïsiculteurs ont notamment engagé de longue date des modifications de leurs processus de production afin de récolter toujours plus. Depuis 2003, la superficie des terres agricoles utilisées selon le principe de double culture (deux cycles de culture au sein d’une même campagne) a été multipliée par six. Le pays s’appuie par ailleurs sur sa puissance en matière d’agriculture – le secteur représente 23 % de son produit intérieur brut. La hausse de la production de volaille et de porc exigera, elle aussi, davantage de céréales.
 
La hausse annoncée des récoltes ne sera pas sans conséquence sur les capacités logistiques du Brésil, qui constituent son talon d’Achille. Les infrastructures actuelles sont saturées. L’acheminement d’une tonne de céréales ou de soja sur une distance de 3000 kilomètres revient quatre fois plus cher au Brésil qu’aux Etats-Unis.
 
De nouveaux marchés en vue
 
Les perspectives d’une forte hausse de la consommation mondiale de viande (+17 % d’ici à 2023 selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) sont à même d’inciter les industriels à tenter de rattraper leur retard. Le développement des classes moyennes dans de nombreux pays émergents, dont la Chine et l’Inde, appelle davantage de quantités disponibles. Pour la banque néerlandaise, le Brésil peut se positionner comme un acteur de référence, proposant des produits de qualité. Lors de la prochaine décennie, les exportations brésiliennes de viande bovine progresseraient en moyenne de 7 % par an.

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