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Le sucre thaïlandais se fait désirer

Le 14 juin 2011 par Pascal Coesnon


Engorgement, manque de péniches, concurrence avec d’autres secteurs… le sucre thaïlandais peine à sortir du pays.

« Je n’ai jamais vu autant de navires en attente pour charger du sucre », se lamente Prasong Serisathien, le directeur général de la Siam Sugar Export Corporation. Le sucre n’arrive plus aux ports de Bangkok, de Laem Chabang et de Koh Si Chang dans le golfe de Thaïlande, par où il est exporté. « Toute la chaîne est congestionnée entre les sites de production et les navires. » L’ancien royaume du Siam, le deuxième exportateur mondial de sucre derrière le Brésil, manque cruellement de péniches pour transporter la denrée et les routes sont complètement embouteillées, fait remarquer Piromsak Sasunee, le directeur exécutif de la Thai Sugar Trading Corporation, le principal exportateur local de sucre. En outre, une péniche a bloqué la rivière Chao Phraya pendant près de deux semaines avant d’être renflouée le 12 juin. Mais, le manque de main-d’œuvre se fait également sentir. Et quand le sucre arrive finalement aux ports, les exportateurs doivent encore se battre avec les producteurs d’acier et de copeaux de bois pour embarquer leurs marchandises.
 
Selon le Cane and Sugar Board, les exportations thaïlandaises devraient toutefois atteindre 7 millions de tonnes (Mt) cette année, en hausse de 52 % par rapport à 2010. Le monde a besoin de sucre tout de suite, explique Piromsak. La production brésilienne, un quart de l’offre mondiale, est en baisse sensible. Entre mi-mars et mi-mai, la production dans le Centre-Sud, la principale région productrice du Brésil, a chuté de 47 % par rapport à l’année précédente, estime l’Unica (União da Indústria de Cana de Açúcar). « Si les exportateurs thaïlandais veulent bénéficier de cette occasion pour embarquer autant de sucre qu’ils le peuvent dans les deux ou trois mois prochains, les capacités de transports pourraient être encore plus tendues », indique Pierre-Henri Dietz, un analyste de Sucden. « En cas de problème à court terme avec l’offre », les prix du sucre pourraient augmenter, anticipe Abah Ofon, un analyste de Standard Chartered. Signe de la tension : en dépit d’une offre supérieure à la demande pour la deuxième campagne consécutive, selon l’US Department of Agriculture (6,5 Mt), les cours du sucre sur l’InterContinental Exchange sont en backwardation. La livre de sucre livraison juillet s’échange aujourd’hui au-dessus de 25 cents, et l’échéance octobre en dessous.

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