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Le blé et le soja, deux destins contraires en 2015 ?

Le 15 janvier 2015 par Franck Stassi
* Mots clés :  Produits agricoles


Flickr/Lauren Tucker

Après une forte baisse du prix des céréales en 2014, Rabobank table sur un "rééquilibrage" pour 2015. La baisse des prix du pétrole s'invite dans un univers au sein duquel la météo constitue l'aléa numéro un.

 

"Les marchés des matières premières agricoles resteront encore volatils en 2015. Des variations de prix saisonnières aussi importantes que l’an dernier pourront de nouveau avoir lieu", indique Wiebe Draijer, président du conseil exécutif de Rabobank, en préambule des prévisions de la banque néerlandaise pour cette nouvelle année. Celles-ci sont placées sous le signe d’un "rééquilibrage" des marchés après une année exceptionnelle sur le front des céréales.

 

En 2014, à l’exception notable du Brésil, frappé par la plus importante sécheresse que le pays ait connu au cours des dernières années, "la météo a constitué en quelque sorte une anomalie pour la production de marchandises agricoles, avec des conditions de croissance favorables, voire idéales, tandis que de nombreuses régions ont connu des récoltes record sur certains produits", indique Rabobank.

 

Le blé, symbole d'une potentielle remontée des prix en 2015

 

Le blé illustre la théorie du "rééquilibrage" mise en exergue par la banque néerlandaise. Après avoir reculé de 14,5% en 2014, les prix devraient amorcer une remontée en 2015, passant à Chicago de 525 dollars par boisseau au premier trimestre à 560 dollars au quatrième trimestre.

 

La Russie a durci ses exigences préalables à la délivrance des certificats sanitaires indispensables pour l’exportation, et imposé, pour la période ayant cours du 1er février au 30 juin prochains, une taxe sur ces marchandises. Le consultant ukrainien UkrAgroConsult a, par conséquent, réduit ses prévisions d’exportations russes de blé à 20 Mt. "Entre 2 et 3,5 millions de tonnes de blé russe ne trouveraient pas le chemin du marché international", complète l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, France AgriMer.

 

D’après le département américain de l’Agriculture (USDA), la production mondiale de blé s’apprécierait de 1,1% en 2014-2015, à 723,3 Mt. Rabobank ajoute pour sa part qu’il convient de surveiller les risques géopolitiques dans la région de la mer Noire, tout comme les chiffres finaux de production dans un contexte d’augmentation de la consommation mondiale. De plus, la banque fait part de ses doutes sur la production 2015-2016.

 

Le soja poursuivrait sa dégringolade dans le courant de l'année

 

A l’inverse, les prix du soja et de ses dérivés poursuivraient cette année leur baisse entamée en 2014. Après s’être appréciée de 5,6% entre les campagnes 2012-2013 et 2013-2014, la production mondiale de soja grimperait de 10,8% entre les campagnes 2013-2014 et 2014-2015. "La production de soja du Brésil atteindra un record de 92 millions de tonnes en 2015, soit une augmentation en glissement annuel de 7%", complète Rabobank. Néanmoins, le pays pointerait toujours au deuxième rang des producteurs mondiaux de soja, derrière les Etats-Unis.

 

La baisse des cours du pétrole amplifie également la baisse des prix du soja, de son huile et de ses tourteaux, compte tenu d’une demande moins forte en oléagineux, fréquemment utilisés à des fins de production d’agrocarburants. Ce scénario se vérifie depuis plusieurs semaines : entre les mois de novembre et de décembre, l’indice des huiles végétales de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a notamment cédé 2,4%.

 

Il convient néanmoins de rester prudent quant à ces prévisions, l’aléa climatique constituant le premier risque auxquel doivent faire face les marchés de matières premières agricoles. "L'incertitude persiste sur la façon dont les marchés vont réagir en 2015", rappelle ainsi Wiebe Draijer.


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