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La sécurité alimentaire au cœur du développement indien

Le 22 juillet 2014 par Franck Stassi


Un nouveau programme doit permettre à une part plus importante de la population indienne d’accéder à des produits céréaliers.


Deuxième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine avec 1,237 milliard d’habitants, l’Inde est celui où l’insécurité alimentaire est la plus développée, affirment l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans leurs Perspectives agricoles pour la période 2014-2023. Si le nombre de personnes sous-alimentées a chuté de 18,7 % entre 1993-1995 et 2010-2012, 213 millions d’Indiens restent néanmoins confrontés à ce problème.
 
Les céréales sont à l’origine de plus de la moitié des apports en calories et en protéines pour la population. La baisse de la consommation de céréales depuis le milieu des années 1990, y compris au sein des populations pauvres, réduit l’espoir de parvenir à réduire de moitié la proportion de personnes sous-alimentées à l’horizon 2015. Il s’agit d’un des Objectifs du millénaire pour le développement fixés en 2000 par l’Organisation des Nations unies. Une urbanisation accrue ainsi qu’une réallocation de certaines dépenses vers des besoins non-alimentaires expliquent cette situation. La Commission indienne de planification s’en est déjà alarmée dans le cadre de son plan pour la période 2012-2017.
 
Mieux distribuer les ressources agricoles
 
Pour l’OCDE et la FAO, la poursuite du développement de la production agricole doit s’accompagner d’une meilleure distribution des ressources et d’une meilleure efficacité des politiques d’aide afin de répondre à cette situation. La croissance du secteur agricole indien s’est fortement appréciée au cours des cinquante dernières années. La production de céréales alimentaires a notamment été multipliée par cinq entre 1950-1951 et 2013-2014, à 263 millions de tonnes (Mt). Le pays est aujourd’hui le second producteur mondial de riz et de blé.
 
La Loi sur la sécurité alimentaire, promulguée en septembre dernier, prévoit que chaque ménage prioritaire puisse acheter 5 kg de blé, de riz et de céréales secondaires à un prix subventionné. Les tarifs des produits sont fixés par les autorités pour une durée de trois ans. 67 % de la population, soit 834 millions de personnes, sont potentiellement éligibles à ce programme, contre 30 % pour la précédente politique d’aide, qui est progressivement remplacée par le nouveau dispositif dans les différents Etats. 75 % de la population rurale et 30 % de la population urbaine sont concernés. Des mesures spécifiques aux femmes enceintes (qui bénéficieront d’allocations afin d’acheter des produits alimentaires supplémentaires) et aux enfants sont incluses dans cette loi, qui prévoit une refonte du système de distribution basée sur la biométrie et une publicité des listes de familles éligibles.
 
La mise en œuvre de la loi suppose un accroissement des achats publics de céréales, qui engendreront notamment des besoins supplémentaires en stockage et en transport. 70 Mt de céréales devraient être distribuées chaque année, 54,9 Mt étant distribuées annuellement aux Etats, d’autres programmes de protection sociale et les stocks de régulation assurant le solde. 
 
Pour l’OCDE et la FAO, l’accès d’une plus importante partie de la population à des céréales bénéficiant de prix subventionnés pose la question de l’impact de la mesure : les deux organismes estiment qu’une augmentation à la marge des achats céréaliers par les ménages n’est pas à l’ordre du jour, les ménages concernés préférant bénéficier des revenus supplémentaires induits par les économies réalisées. Le nouveau dispositif représenterait par ailleurs une dépense de 1100 milliards de roupies (163 milliards d’euros) en 2014. Cette somme devrait grimper de 18 % d’ici à 2023.

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