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La logistique, talon d’Achille du Brésil

Le 24 juillet 2014 par Franck Stassi


Le développement des exportations brésiliennes de produits agricoles est pénalisé par les lacunes des infrastructures logistiques.


Premier exportateur mondial de soja, de sucre, de café, de jus d’orange et de viande bovine, le Brésil n’en reste pas moins pénalisé par sa logistique. Les récoltes record de céréales (190 millions de tonnes en 2013-2014) mettent en exergue l’engorgement des routes. Ces mauvaises conditions de transport pénalisent notamment les acheminements de soja, dont la production se situe essentiellement dans la région du Mato Grosso, au centre du pays. Les ports du Sud, mieux pourvus en équipements, sont privilégiés quand bien même ceux du Nord sont plus proches.
 
Le secteur agricole, qui représente 23 % du produit intérieur brut (PIB) du Brésil, est l’un des principaux utilisateurs des infrastructures logistiques du pays. D’après l’Association nationale des exportateurs de céréales, les problèmes logistiques feraient perdre cette année 4 milliards de dollars aux producteurs de soja et de maïs. La Banque mondiale estime pour sa part à 75 milliards de dollars, soit 6 % du PIB, le coût annuel de l’inefficacité des transports dans le pays.
 
L’acheminement d’une tonne de céréales ou de soja sur une distance de 3000 km revient quatre fois plus cher au Brésil qu’aux Etats-Unis. Les réseaux ferroviaire et fluvial n’acheminent que 11 % des grains, contre 60 % aux Etats-Unis. L’absence de dragage sur de nombreuses voies navigables est notamment en cause.
 
Des investissements tous azimuts
 
De multiples plans pluriannuels de désenclavement (mis en œuvre en 1970, 2000-2003 et 2003-2011) n’ont pas permis d’améliorer significativement la situation. "Pour un pays de dimension continentale tel que le Brésil, il est impératif que l’on puisse disposer d’une logistique avec les mêmes standards que les pays les plus développés", estime pourtant le président de l’Agence nationale de la logistique brésilienne, Paolo Sergio Passos. "Il y a des améliorations, mais il est évident que la logistique n’a pas suivi l’accroissement de la récolte. C’est un des principaux facteurs qui pénalisent le pays à ce jour", indiquait en février dernier à usinenouvelle.com Sébastien Poncelet, consultant chez Agritel.
 
Après la première phase de son Plan d’accélération de la croissance conduite entre 2007 et 2010, l’ex-président Lula da Silva en a lancé il y a trois ans le second volet. Celui-ci prévoit la construction de 10 000 km de routes ; 7000 sont déjà construites. Les infrastructures ferroviaires et portuaires sont également concernées. Faute de pouvoir financer l’intégralité du plan, le gouvernement a eu récemment recours au secteur privé, qui doit investir à l’avenir 100 milliards de dollars pour ériger 10 000 km de voies ferrées et doubler le réseau routier.
 
La mise en place de nouveaux itinéraires routiers en direction des ports et la rénovation des routes existantes ont par ailleurs été lancées en décembre dernier par la présidente Dilma Rousseff. La pose de goudron sur l’intégralité de la principale route reliant le Mato Grosso au fleuve Amazone est actuellement en chantier. Douze projets portuaires ont aussi été accordés à des opérateurs privés dans le cadre d’une nouvelle loi. "Bien que le Brésil se penche lentement sur ses goulots d’étranglement, cela prendra des années" avant que ces mesures ne produisent leurs premiers effets, rappelle Andy Duff, un analyste de Rabobank basé dans le pays.

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