imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

La filière brésilienne de la canne à sucre mise sur les agrocarburants

Le 05 décembre 2014 par Franck Stassi
* Mots clés :  Produits agricoles
Canne à sucre
Canne à sucre
unica

Le relèvement du pourcentage d'éthanol inclus dans l'essence pourrait apporter un bol d'air aux professionnels brésiliens de la filière sucrière.

 

D’après le Financial Times, le Brésil s’apprête à relever le pourcentage d’éthanol contenu dans l’essence. La loi a déjà été votée afin de faire passer cette proportion de 25% à 27,5%, le débat portant sur d’éventuels dommages pouvant être provoqués sur les moteurs automobiles. Un premier relèvement, qui avait obligé les producteurs à inclure 25% d’agrocarburants dans l’essence contre 20% auparavant, était intervenu en 2013.

 

Le pays bénéficie d’un important parc automobile équipé de la technologie "flex-fuel", permettant aux consommateurs de s’approvisionner en carburant mixte (doté d’éthanol) ou classique. Cette double possibilité a aussi des revers pour la filière des agrocarburants, la baisse des prix de l’essence "classique" l’ayant dotée d’un avantage concurrentiel certain par rapport au mélange essence-éthanol.

 

Pour obtenir l'autorisation d'inclure davantage d’éthanol dans l’essence, l’Association brésilienne de la canne à sucre (Unica) a usé, ces dernières semaines, d’un intense lobbying. "Les combustibles fossiles sont importants, mais ils ont des conséquences néfastes telles que les gaz à effet de serre et la pollution qui ne se retrouvent pas dans le prix à la pompe", considère ainsi sa directrice générale, Elizabeth Farina. Les arguments écologiques, mis en avant par les acteurs de la filière, ne sont toutefois pas exempts d’intérêts économiques. L’accroissement du pourcentage d’éthanol inclus dans l’essence devrait générer des besoins supplémentaires équivalents à 1 milliard de litres d’agrocarburants, autant de volumes bienvenus pour les industriels brésiliens du sucre et de l’éthanol.

 

Une situation financière difficile

 

"La situation financière de beaucoup d’acteurs est loin d’être confortable", rappelle dans une récente étude Andy Duff, responsable de la stratégie pour le secteur sucrier au département Food & Agribusiness de Rabobank. L’affaiblissement du real brésilien n’a que partiellement compensé la baisse des prix mondiaux du sucre, libellés en dollars. La chute des prix de "l’or blanc" - de près de 20% en deux ans et de 8% au cours du dernier semestre - s’est ajoutée aux conséquences de l’important épisode de sécheresse qui a affecté le pays en début d’année. La production de canne et les rendements ont été revus à la baisse suite à l’impact de ce phénomène climatique. Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre.

 

Pour expliquer la mauvaise santé du secteur, l’analyste de Rabobank met également en avant la volonté gouvernementale de contrôler les prix de l’essence, les marges générées par l’éthanol étant mises "sous pression". Ces dernières sont structurellement faibles dans la fabrication d’éthanol. Il pointe également le fort endettement des sociétés. D’après l’Unica, 44 usines ont fermé dans le Centre-Sud du Brésil au cours des cinq dernières années, soit 10% des usines en activité dans le pays sur cette période. La banque néerlandaise entrevoit une possible consolidation du secteur, à l’origine d’acteurs locaux mais aussi étrangers, compte tenu de la position centrale occupée par le Brésil en matière de production de sucre et d’éthanol.

 

Une problématique mondiale

 

La faiblesse des prix du sucre n’affecte pas seulement les industriels brésiliens. "Nous pensons que la destruction continue de valeur pour les actionnaires posera à terme un problème au marché", s’alarmait en début d’année le directeur de la société britannique de consulting Czarnikow, rejoint par la banque américaine Morgan Stanley qui estimait que les prix "[devaient] rester à un niveau incitant les agriculteurs à replanter de la canne à sucre et à augmenter les superficies afin de répondre à la demande". Les prix pourraient remonter dans les mois à venir, l’Organisation internationale du sucre s’attendant à un déficit pour la campagne 2014-2015 (compris entre 2 et 2,5 millions de tonnes), une première depuis cinq ans.


Une question ? nous contacter


À la une
  • A suivre dans l'actualité

    • Métaux non ferreux (1357)
    • Matières premières industrielles (815)
    • Produits agricoles (719)
    • Energie (649)

© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -