imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

La filière blé doit gagner en qualité et en compétitivité

Le 17 juin 2014 par Franck Stassi


Pour l'Association générale des producteurs de blé, la France a une carte à jouer mais elle doit mieux répondre aux demandes de ses clients.

 

“Pour nous qui exportons plus de 50 % de notre production, le défi alimentaire mondial est à la fois un enjeu et une opportunité”, assure le président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), Philippe Pinta. Son organisation, qui a réuni plus de 1000 personnes lundi 16 juin à La Défense (Hauts-de-Seine) pour fêter son 90ème anniversaire, envisage l’avenir avec sérénité… mais non sans craintes quant à la place de la France par rapport à ses concurrents. Se projetant à l’horizon 2030, l’AGPB a émis le souhait de mieux anticiper les défis qui s’imposent à la filière.

 
Pour l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, “une importante hausse de la demande liée à des effets démographiques et de revenus” attend les acteurs de la filière blé. L’offre “s’ajuste lentement, en surfaces et en rendements, à cette nouvelle donne. Les pays émergents serviront d’abord leur marché intérieur. Par ailleurs, les “greniers à blé” sont sujets à des instabilités climatiques régulières”. L’exemple de la Russie, de l’Ukraine et du Kazakhstan, dont les récoltes peuvent fortement varier d’une année sur l’autre, illustre cette situation. Pascal Lamy rappelle par ailleurs le caractère "essentiel", en termes de compétitivité, de l’innovation hors-prix (formation, logistique…) face à des concurrents toujours plus agressifs.
 
Faire face à un contexte concurrentiel accru
 
"Nos exportations de céréales sont essentiellement destinées à la consommation humaine. Nos clients sont principalement des meuniers. Nous devons donc être particulièrement vigilants quant à la qualité de nos produits, abonde Jean-Philippe Everling, directeur du négoce international au sein de la coopérative Axereal. Notre principale concurrence aujourd’hui vient de la mer Noire. Ces pays font des progrès, et sont très performants." Dans ce contexte, "la France bénéficie d’un atout stratégique, sa stabilité climatique", précise pour sa part Alain Le Floch, directeur général du groupe Vivescia.
 
Parmi les clients de la France, le Maroc cultive des liens privilégiés avec la filière, d’après Youssef Ben Osmane, président de la Fédération marocaine des négociants en céréales et légumineuses. Le pays achète chaque année 2,5 à 3 millions de tonnes de blé à la France. Le blé français correspond bien à la demande des boulangers, qui réalisent des variétés de pains similaires à celles proposées en France. Les industriels marocains apprécient également les coûts logistiques moindres compte tenu de la proximité géographique. Ils sont néanmoins nombreux à mélanger le blé français avec des variétés contenant davantage de protéines, comme le blé polonais par exemple.
 
Pour Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), dont l’AGPB est une des composantes, "la France doit se considérer comme un pays de production". Une meilleure prise en compte des demandes exprimées par les clients, notamment sur la qualité des blés, ainsi que le développement de la recherche sont essentiels pour la filière. Celle-ci doit par ailleurs renforcer ses liens avec les autres pans de l’agriculture, pour mieux faire valoir son rôle en termes de développement des territoires, ajoute-t-il.

 



Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation