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"La filière betteravière doit améliorer sa compétitivité en vue de l’après-quotas"

Le 11 décembre 2014 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles
Alain Jeanroy
Alain Jeanroy

ENTRETIEN 

Pour Alain Jeanroy, directeur général de la Confédération générale des planteurs de betteraves, la filière prépare activement la fin des quotas sucriers européens, prévue pour 2017. L'augmentation des rendements ne compense pas la baisse des prix, qui ont selon lui atteint un plancher: celui du coût de production.

 

Quel bilan tirez-vous de la campagne betteravière qui s'achève ?

Avec un rendement de 93 tonnes par hectare (t/ha), notre objectif de 100 t/ha est à portée de main, puisque nous avons déjà eu trois campagnes comprises entre 90 et 100 tonnes (en 2009, 2011 et 2014). La canne produit 11 tonnes de sucre par hectare, tandis que la betterave est à 13,5 tonnes. Le programme de recherche AKER, dans lequel nous sommes partie prenante, vise par ailleurs à faire passer la progression de nos rendements de 2% à 4% par an.

La production est l’une des deux meilleures que nous ayons jamais eues, à 37,6 Mt (38,5 Mt en 2011). La campagne a été longue (116 jours). C’est un facteur important : il nous faudra, demain, allonger la durée des campagnes afin d’écraser les frais fixes. Nous pensons aller, avec la fin des quotas, à 120 voire 130 jours car nous produirons ce que nous voudrons. Nous avons pu expérimenter de nouvelles choses cette année, en observant notamment les conditions de conservation de la betterave. La campagne s’achève sur un bon bilan agronomique, mais la chute des prix du sucre provoque une chute de la recette betteravière. Les bons rendements ne compensent que partiellement la baisse des prix.

 

Comment les professionnels français de la betterave se préparent-ils à la fin des quotas sucriers européens ?

La filière anticipe cette échéance en investissant dans la productivité et en recherchant de nouveaux débouchés pour le bioéthanol. Il nous faut de la génétique plus performante, et une diminution des intrants. Nous veillons également à maîtriser nos coûts de production. D’autre part, les industriels ont beaucoup investi en matière d’économies d’énergie, de performances de leurs process, etc. L’écart de compétitivité avec notre principal concurrent, le Brésil, s’est réduit en raison de l’augmentation de ses coûts et de la détérioration de ses performances agronomiques. Nous devons nous rapprocher de la compétitivité de nos concurrents mondiaux.

 

Le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt Stéphane Le Foll a annoncé la mise en place d’une mission qui aura pour objectif, en lien avec les professionnels de la filière sucrière, de réfléchir aux perspectives du secteur. Qu'en pensez-vous ?

Cela montre l’intérêt du ministère de l’Agriculture de voir cette filière, qui a des champions internationaux comme Tereos par exemple, rester parmi les leaders. Il s’agit donc de se préparer au mieux à l’échéance de la fin des quotas en 2017. Ce sera l’occasion, pour chaque maillon de la filière, d’exprimer ses désidératas et ses objectifs pour rester leaders en Europe, et d’ambitionner une place parmi les premiers acteurs mondiaux.

 

La poursuite d'une baisse des prix du sucre vous semble-t-elle inéluctable ?

Au niveau actuel des prix du sucre, aucun pays – producteur et exportateur – ne gagne de l’argent. Le Brésil, premier producteur mondial de sucre, verra sa production baisser en 2014-2015 du fait du non-investissement. On va repartir dans un cycle d’offre déficitaire par rapport à la consommation, et puiser dans les stocks fortement reconstitués au cours des dernières années. Par conséquent, les prix devraient reprendre quelques couleurs dans les années qui viennent. Aujourd’hui, un prix plancher à la baisse est atteint : personne ne peut produire à ce niveau de prix-là.



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