imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Euronext "souhaite se diversifier dans les matières premières"

Le 02 mars 2015 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien
Olivier Raevel
Olivier Raevel

ENTRETIEN 

Le 1er avril prochain, les quotas laitiers prendront fin dans l’Union européenne. A cette occasion, l’opérateur boursier Euronext prépare le lancement de produits dédiés, quelques mois après avoir proposé des contrats sur le tourteau et l’huile de colza. Le périmètre de l’entreprise a par ailleurs été reconfiguré l’an dernier, avec sa scission d’ICE. Olivier Raevel, directeur des matières premières chez Euronext, répond aux questions de L’Usine Nouvelle.

 

Comment s’organise l’univers des matières premières chez Euronext ?

Il convient de remonter à l’époque du Marché à terme des instruments financiers (1986-1998), lors de laquelle les premiers contrats sur les produits agricoles ont été créés. Nous avons ainsi fêté à l’automne dernier le 20e anniversaire du contrat colza, le premier contrat sur les matières premières chez Euronext. Nous avons ensuite suivi les étapes de la déréglementation successive, au gré des évolutions de la Politique agricole commune. Nous disposons aujourd’hui d’un certain nombre de contrats, mais nous souhaitons nous diversifier à travers les trois grands domaines que représentent les matières premières : les produits agricoles, l’énergie et les métaux.

 

Vous vous apprêtez à lancer un complexe laitier centré sur le lait écrémé en poudre, la poudre de lactosérum et le beurre. Quels sont les objectifs de ce nouveau produit ?
Ce nouveau produit s’inscrit dans la même logique que celle appliquée aux précédents contrats que nous avons lancés. Il s’agit ici d’accompagner les filières laitières européennes dans une période nouvelle, celle de la fin des quotas.
Celle-ci intervient dans un contexte difficile pour plusieurs raisons. D’une part, l’embargo russe qui perturbe l’exportation des produits européens. D’autre part, il m’apparaît probable que les prix soient plus volatils en aval, tandis que les prix européens devraient converger vers les prix internationaux. C’est notre rôle en tant que marché règlementé de proposer à la filière des outils pour gérer le risque de prix. Toutes les filières laitières européennes ne sont pas à égalité, avec des efforts d’investissement différents aboutissant à des tailles d’exploitation moyenne différentes au cours des dernières années.
Ces contrats seront cotés à Amsterdam car les Pays-Bas sont un pays exportant une partie majeure de sa production, notre idée étant d’ancrer les instruments là où le négoce physique compte le plus d’acteurs indépendants.

 

Depuis novembre dernier, le tourteau et l'huile de colza sont cotés. Quel premier bilan tirez-vous de ces lancements ?
Il est un peu tôt pour porter un jugement sur ces lancements. Contrairement à des produits plus financiers, nous travaillons sur des horizons de réalisation plus longs. De ce fait, ces nouveaux instruments que nous proposons nécessitent d’abord un processus aboutissant à une acceptation de la part des acteurs des filières, ce qui prendre plusieurs mois. Nous nous donnons donc du temps avant de dresser un bilan de ces nouveaux produits, qui démarrent lentement. Le tourteau semble générer davantage d’intérêt que l’huile de colza, mais ne soyons pas trop hâtifs : nous sommes encore loin de la première échéance physique de ces nouveaux contrats, fixée au mois de septembre.

 

De quelle manière ces nouveaux outils peuvent-ils aider les professionnels de la filière à gérer le risque de prix ?
Proposer ces instruments, c’est une façon de mettre à disposition des outils qui permettent de fixer des repères, des budgets de consommation, etc. Il s’agit également de faciliter le transfert de mécanismes de prix variables à des prix fixes : les acteurs doivent ainsi pouvoir se dégager d’une incertitude économique et se focaliser sur leurs prestations à valeur ajoutée. Les prix des contrats Euronext sont de plus en plus utilisés comme référence dans les contrats physiques. Nous proposons des futures, qui permettent de fixer une échéance sur les trois prochaines récoltes ; et des produits optionnels, qui enregistrent la croissance la plus rapide de ce segment, dont l’utilisation est effectuée comme une police d’assurance, tant à la hausse qu’à la baisse.

 

Comment s’organise le lancement de tels outils ?
Nous commençons par réaliser des études sectorielles, et nous constituons des groupes de travail avec les industriels et les négociants. En fonction de leur « appétit », les acteurs soutiennent, ou non, ces initiatives qui apportent selon nous beaucoup de transparence au marché-cible. Nous définissons des spécifications de marché, nous tentons d’aligner les intérêts divergents. La définition d’un produit s’effectue donc sous forme d’itérations successives avec les acteurs du marché, parmi lesquels des négociants physiques, de grandes entreprises européennes, mais également des acteurs internationaux (la coopérative néozélandaise Fonterra, par exemple, pour le lait). Enfin, il convient d’avoir le soutien de la chambre de compensation et l’accord définitif de notre collège des régulateurs – concernant le lait, nous l’attendons pour le printemps aux Pays-Bas et en France.

 

ICE s'est séparé d'Euronext l'an dernier. Quelle stratégie souhaitez-vous adopter pour vous repositionner sur les marchés de matières premières ?
Notre seule stratégie consiste à mettre à disposition des industriels et négociants des instruments leur permettant de satisfaire à leurs besoins de gestion du risque de prix. Actuellement, nous comptons défendre nos parts de marché existantes, tout en étendant notre présence sur d’autres types de matières premières. Nous allons nous intéresser aux secteurs connexes (nous réfléchissons, par exemple, à la jonction des secteurs des matières premières et de l’énergie, comme les agrocarburants). D’autre part, nous étudions l’opportunité de nous positionner sur les métaux.

 

Le nouveau périmètre de l’entreprise vous permet-il toutefois de prendre position sur des produits n’étant plus en portefeuille ?
ICE a en effet conservé le LIFFE, qui regroupe les soft commodities (café, sucre, cacao). Les contrats qui étaient présents chez Euronext avant la fusion y sont pour leur part restés. Il n’y a pas de domaines réservés pour Euronext, qui pourrait développer de nouvelles offres sur ces marchés.



Une question ? nous contacter


À la une
  • A suivre dans l'actualité

    • Métaux non ferreux (1357)
    • Matières premières industrielles (815)
    • Produits agricoles (719)
    • Energie (649)

© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -