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Potentiel confirmé pour les mines de potasse de Danakil en Ethiopie et Dougou au Congo

Le 20 février 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Mines
Carotte forée sur le projet Colluli en Erythrée
Carotte forée sur le projet Colluli en Erythrée
South Boulder

Les études indépendantes de faisabilité des projets de mines de potasse situés à Danakil en Ethiopie (Yara) et à Dougou au Congo (Elemental Resources) ont été publiées ces derniers jours. Si ces projets voient le jour, à la suite de celui, plus avancé, d’Allana en Ethiopie, le continent africain (qui importe 100% de ses engrais à base de potasse) pourrait devenir exportateur d’ici 2020.

 

A Danakil, dans le nord-est de l’Ethiopie, les réserves permettent d’espérer une production annuelle de 600 000 tonnes pendant 23 ans. Le groupe norvégien Yara International cherche désormais  des partenaires financiers pour développer le projet, dont l’investissement est évalué à 740 millions de dollars, pour un coût de 167 dollars la tonne FOB à Djibouti. L’exploitation devrait démarrer au 3e trimestre 2018.

 

Le désert de Danakil, situé dans le triangle afar,  est une étonnante étendue de concrétions jaunes et vertes. Situé en partie en-dessous du niveau de la mer, il est formé d’une couche de sel qui atteint à certains endroits 2 000 mètres d’épaisseur. C’est notamment du commerce de ce sel que vivent les Afars.

 

Outre la concession de Yara, deux autres minières s’apprêtent à en extraire de la potasse en Ethiopie : la canadienne Allana Potash Corp, associée à China Minerals (production projetée : 1 million de tonnes par an à partir de 2016) et Circum Minerals. Ce dernier, dont l’actionnaire principal est le fonds basé au Luxembourg African Minerals Exploration & Development, détient désormais 100% des parts sur son permis, après le rachat (en cash et actions) en mai 2014 des 30% détenus par  Premier African (qui les avait achetés deux mois plus tôt à sa filiale AgriMinCo, ex-Ethiopian Potash). Un autre projet, Colluli, est exploré par la minière australienne South Boulder du côté érythréen de la frontière.

 

Un gisement à bas coût au Congo

 

Sur le permis de Sintoukola, au Nord de Pointe-Noire au Congo, l’australien Elemental Minerals espère lui exploiter à compter de 2019 le gisement de potasse de Dougou, dont une étude  publiée le 17 février estime la durée d’exploitation à 47 ans. La capacité de production serait développée en 3 étapes. Une première phase d’exploitation, à raison de 400 000 tonnes par an, serait suivie d’un doublement de la capacité à 5 ans, puis, 3 ans plus tard, d’une nouvelle augmentation de capacité pour la porter à 1,2 million de tonnes. Le gisement de Dougou contient des réserves de plus d’un milliard de tonnes à une teneur de 20,6% de chlorure de potassium (KCl). L’investissement initial pour la phase 1 est estimé à 430 millions de dollars, et le coût moyen d’exploitation sur la durée de vie de la mine à 68 dollars par tonne.

 

L’Afrique a besoin de potasse

 

Selon un récent rapport de l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) intitulé « World fertilizer trends and outlook to 2018 » (Engrais, tendances et perspectives mondiales à l'horizon 2018), la demande mondiale annuelle de potasse devrait augmenter à cet horizon de 2,6%, alors que l’offre pourrait croître de 4,2%. Le continent africain ne produit pour l’instant pas de potasse et dépend totalement des importations. Les besoins actuels sont de 656 000 tonnes, dont 573 000 tonnes destinées aux engrais. Ce besoin devrait grimper à 867 000 tonnes en 2018, lors de l’entrée en production de ces projets, selon la FAO.


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