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Accord a minima pour le G20 agricole, estiment les ONG

Le 24 juin 2011 par Pascal Coesnon


Un accord soit disant « historique » a été adopté par les ministres de l’Agriculture du G20, s'enthousiasment les Etats membres et certaines instances intergouvernementales. Pourtant, de nombreuses voix dénoncent le manque d’ambition de cet accord.

« Réparer le système alimentaire mondial et mettre un terme à la crise des prix alimentaires nécessite une intervention chirurgicale majeure, mais le G20 ne propose guère plus qu’un cataplasme sur une jambe de bois. Les ministres de l’Agriculture… n’ont même pas réussi à introduire les mesures nécessaires pour empêcher l’envolée des prix hors de tout contrôle », dénonce Jean-Cyril Dagorn d’Oxfam France. Même son de cloche pour l’ONG ONE : « l’accord péniblement négocié par les ministres et le commissaire européen réunis à Paris ne changera la vie d’aucun petit paysan africain. Le problème fondamental de la régulation des marchés alimentaires, s’il est mentionné, a été renvoyé aux ministres des Finances et aux chefs d’Etat qui s’en débrouilleront éventuellement plus tard dans l’année », accuse Guillaume Grosso, le directeur de ONE France. « La déclaration finale… reste cependant assez loin des ambitions affichées par Nicolas Sarkozy et ne permettra pas en l’état de garantir la sécurité alimentaire », assène-t-il.
 
Pour Olivier de Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, « le plan d’action adopté aujourd’hui s’attaque aux symptômes de la volatilité des prix sur les marchés agricoles, sans s’attaquer aux causes ». Si les ministres se sont accordé sur l’Amis, le Système d’information sur les marchés agricoles, ils « ne sont pas allés jusqu’à exiger des grandes entreprises agroalimentaires qu’elles dévoilent les informations sur les stocks qu’elles détiennent. On estime ainsi que les Cargill, Bunge et ADM contrôlent près de 90 % du commerce mondial des céréales », accuse Oxfam. Quant à Michel Portier, le directeur fondateur d’Agritel, « rien n’est fait car nous ne pourrons jamais combattre la volatilité étant donné qu’elle est conditionnée notamment par des éléments météo-sensibles… La régulation des marchés se fera à l’aide d’outils de gestion, mais la volatilité ne disparaîtra pas… Vouloir donner des informations mondiales sur les stocks, la production et la consommation risque, au contraire, d’accentuer la volatilité. En effet, dès que le marché a une information, il réagit, et plus le marché réagit, plus il y a de volatilité ».
 
« Le G20 agricole n’est pas le bout du chemin. Le G20 Finance qui se réunira en juillet peut encore s’attaquer à la spéculation. Les chefs d'Etat du G20 ont eux même encore la possibilité de joindre les actes à la parole en décidant d’une véritable action lors du sommet de novembre à Cannes. Enfin, le Comité sur la sécurité alimentaire, le seul organisme véritablement missionné au niveau mondial pour lutter contre la faim, se réunira en octobre à Rome. Les gouvernements doivent saisir ces opportunités pour mettre fin à la crise mondiale des prix alimentaires », conclut Jean-Cyril Dagorn.

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