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Le cabillaud, clef du marché français du poisson en 2014

Le 16 février 2015 par Franck Stassi
* Mots clés :  Pêche
Cabillaud
Cabillaud
Poissons de Norvège

Malgré des volumes en baisse et des prix en hausse, le cabillaud s’est imposé comme l’arbitre du marché français des produits aquatiques en 2014.

 

Les volumes de poisson mis en vente en halle à marée ont reculé de 1% entre 2013 et 2014, à 209 325 tonnes, indique France AgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, dans la dernière édition de ses Bilans pour les filières animales, terrestres et aquatiques. La valeur des ventes en halle à marée s’est quant à elle appréciée de 1%, à 630 643 euros.

 

"La tendance fin 2014 est plutôt bonne, avec un maintien tant en termes de quantités que de prix. Ce n’était pas évident, la succession de tempêtes en décembre, janvier et février ayant été assez exceptionnelle. Beaucoup de navires n’ont pas pu sortir. Cela a affecté différentes espèces, dont la sole, qui est tombée à 50 tonnes par semaine contre 150 tonnes habituellement, avant de remonter à 400 tonnes par semaine en mars. Cette situation a pu être maîtrisée par un bon relai de la filière. Après un début d’année difficile au premier trimestre, la pêche s’est plutôt bien rétablie ensuite, de surcroît aidée par la baisse du gazole", estime Dominique Defrance, délégué de France AgriMer pour la filière pêche et aquaculture.

 

Malgré des prix en hausse, le cabillaud tire son épingle du jeu

 

Parmi les plus fortes hausses en volume, figure le merlu (+36%, à 17 615 tonnes). Pourtant, ce poisson blanc est victime, selon Dominique Defrance, d’un désamour des consommateurs. "Ayant bénéficié d’une hausse des quotas alloués, les prix unitaires du merlu ont  baissé. Les consommateurs entendent davantage parler du cabillaud, un poisson dopé par l’industrialisation de sa production, notamment en Norvège (développement d’une filière, hausse des quotas ces dernières années, jeu de la parité monétaire). Le cabillaud bénéficie d’un effet « de mode » que le merlu n’a pas. La filière du merlu devrait  relancer son image qui a vieilli". Les volumes de cabillaud ont perdu 25% en un an.

 

Le cabillaud est au cœur d’un jeu de vases communicants avec le saumon : 40% de la consommation en poisson des ménages français est concentrée sur ces deux espèces ! "Le saumon a perdu des parts de marché compte tenu d’une image dégradée, notamment par des reportages télévisés, mais surtout d’une hausse de son prix de vente. Il s’agit d’une espèce à la consommation très réactive au prix, et qui supporte mal de trop fortes augmentations. Les consommateurs peuvent facilement le substituer sans s’en passer car il est tellement présent et pratique. Le cabillaud a quant à lui pu attirer les clients avec des prix inférieurs. Il a aussi profité d’un report des consommateurs du panga vers le cabillaud, qui offre de meilleures qualités nutritionnelles pour une faible différence de prix", complète le délégué filière.

 

"On prête beaucoup de choses aux quotas"

 

"Traditionnellement, on a des pêcheries qui sont rapidement à bout de cabillaud. A l’inverse, la hausse des quotas de merlu a permis d’en accroître les volumes, qui ont gagné 20% en un an", explique Dominique Defrance. Pour autant, "il faut faire attention : on  attribue beaucoup de difficultés aux quotas ! Environ 50% de la pêche française est soumise à la réglementation des quotas et efforts de pêche, avec de fortes variations selon les ports", ajoute-t-il. Dominique Defrance fait part de difficultés à venir sur le bar, dont les Anglais ont obtenu auprès des autorités européennes l’interdiction de la pêche en chalut pélagique. Les pêcheurs se reportent donc… sur le merlu. "Nous sommes face à une ressource naturelle et sauvage qui est soumise à des aléas climatiques et biologiques, auxquels s’ajoutent les tendances de consommation", rappelle le délégué filière.

 

La baisse de l’euro devrait ralentir les importations

 

L’an dernier, les importations françaises de produits aquatiques ont perdu 2% en volume et 1% en valeur. Les importations de saumon, qui représente près de 20% du volume total des achats de produits aquatiques destinés à la consommation humaine, ont reculé pour la deuxième année consécutive.

 

Dans le paysage mondial de la pêche, l’Europe fait figure de petit poucet. "La baisse de l’euro devrait ralentir les importations. L’Europe à 28 Etats-membres est très fortement importatrice. Elle ne représente que 6% de la pêche mondiale en volume, et 2% pour l’aquaculture", précise Dominique Defrance.


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