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Le tremblement de terre chilien secoue le marché de la pâte à papier

Le 08 mars 2010 par Daniel Krajka


Alors que le marché mondial de la pâte à papier subissait une tension déjà perceptible dans la hausse de ses prix, le séisme chilien va contraindre les producteurs locaux à stopper leurs opérations pour une période encore indéfinie.

 

Bien qu’il ne représente moins de 9% de l’offre mondiale, contre un tiers pour le cuivre, Le Chili risque de fortement perturber le marché global de la pâte à papier. Contrairement aux mines de cuivre situées majoritairement au nord du pays andin, et donc loin de l’épicentre du séisme qui a frappé le pays, la filière bois-papier se trouve au sud de Santiago, dans la zone touchée par le tremblement de terre.  

 

La plupart des moulins resteront paralysés pendant plus d’un mois. Dans un contexte déjà tendu, le prix de référence de la pâte à papier aux Etats-Unis, le NBSK atteignait 875,23 dollars par tonne le 2 mars sur la bourse finlandaise Foex, s’étant apprécié de 45,23 dollars depuis le début de l’année. Signe de tension sur les marchés de la pulpe, les prix de la plupart de ses qualités ont progressé d’environ 200 dollars depuis onze mois, lorsque le marché a touché son point bas.  

 

Selon l’analyste de marché RISI, pas moins de 3,75 millions de tonnes (Mt) de capacité de production de pâte à papier, sur un total de 4,8 Mt, ont été affectées par le tremblement de terre. Celles qui n’ont pas été directement endommagées subissent des coupures d’électricité. A la fin du troisième trimestre 2009, les réserves globales de pâte étaient tombées à leur plus bas niveau depuis sept ans. Comme pour d’autres commodités, le facteur majeur de la croissance de la demande est la Chine et ses besoins croissants de papier. L’arrêt de la production chilienne va soutenir la tendance haussière des prix, estime Mark Wilde, un analyste de Deutsche Bank. D’autant, rappelle-t-il, que les problèmes météorologiques restreignent la production dans l’Hémisphère nord.

 

L’un des leaders mondiaux du secteur, le sud-africain Sappi Fine Paper, craint que le séisme au Chili ne provoque une hausse des prix dans l'industrie du papier. « Déjà avant le séisme, la livraison de pâte à papier était compliquée vers l'Europe. Il y a désormais un risque de pénurie grave de pâte à papier, ce qui conduira à une pression croissante pour augmenter les prix du papier en dollars », met en garde le groupe dans un communiqué. « Nous ne pouvons pas exclure des augmentations de prix en raison de ces circonstances exceptionnelles », explique Sappi Fine Paper Europe, rappelant que l’euro est actuellement en baisse face au dollar.

 

Les principaux acteurs de la filière au Chili sont Empresas CMPC, Arauco et Norske Skog.

Le producteur chilien de pulpe et de papier CMPC Cellusola SA, vient de déclarer un cas de force majeure suite au séisme qui a endommagé ses installations. « Nous déclarons un cas de force majeure à dater de ce jour pour une période initiale de 30 jours afin d’atténuer les préjudices pour nos clients et nos fournisseurs », ont expliqué le directeur exécutif du groupe, Sergio Colvin, et le responsable des ventes, Guillermo Mullins, dans une lettre du 1 er mars publié par  Dow Jones Newswires. « L’épicentre du séisme est proche de nos moulins et toute notre chaine logistique a été durement affectée », ont précisé les deux responsables, soulignant la difficulté dans ces circonstances à donner une date précise de redémarrage de leurs opérations.

 

Celulosa Arauco, une filiale du conglomérat chilien Empresa Copec SA, a également déclaré que ses installations avaient subi d’importants dégâts. Quant à la filiale chilienne du norvégien Norske Skog, basé à Conception, prés de l’épicentre du séisme, elle a également déclaré un cas de force majeure.

 

Voir aussi: "Entretien avec Marc Miribel, président de MP Hygiène"

 


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