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Les mines sud-africaines toujours agitées

Le 26 septembre 2012 par Daniel Krajka


 

Malgré la résolution de la grève de Marikana, les conflits continuent de s’étendre dans les mines sud-africaines. Après les mines d’or, une mine de charbon est en grève.

 

Au bout de six semaines de grève, les 28 000 travailleurs de Marikana, une mine de platine appartenant au numéro trois du secteur, Lonmin, ont obtenu des augmentations de salaire échelonnées entre 12% et 22%. Rien cependant pour les 10 000 travailleurs de la sous-traitance. Mais la résolution du conflit et la reprise progressive de l’activité ne semble pas avoir calmé l’ébullition du secteur minier sud-africain. Dans le platine également, le numéro un mondial, Amplats, subit une grève dans ses mines situées à proximité de Rustenburg. Malgré des menaces de licenciement réitérées, moins de 20% des 26 000 salariés de ces quatre mines sont retournés au travail après un arrêt de l’activité décidé par la direction pour des raisons de sécurité. Arguant de la bonne santé financière d’Anglo American, la compagnie minière diversifiée qui contrôle Amplats, les grévistes réclament un salaire minimum de 16 070 rands, soit 1 950 dollars. 
 
Le mouvement revendicatif  a fait tache d’huile. Il s’est d’abord étendu aux mines d’or, le secteur dont les conditions d’exploitation sont les plus proches : mines souterraines, travail pénible et salaires relativement bas. Gold Fields (http://indices.usinenouvelle.com/metaux-precieux/nouvelle-greve-chez-gold-fields.4433) a été le premier touché. Après un premier conflit dans la partie est de son complexe de KDC, ce sont les 15 000 travailleurs de la partie ouest qui se sont mis en grève le 9 septembre, réclamant comme à Marikana, un salaire mensuel minimum  de 12 500 rands. Gold Fields a obtenu une injonction contre les grévistes, sans effet puisque le mouvement s’est étendu le 21 septembre à la partie ouest de la mine Beatrix – qui produit 900 onces de métal jaune chaque jour, alors que KDC ouest en extrait 1 200 –, puis, le 24 à l’ensemble du complexe avec 9 000 salariés en grève. Leur revendication est alignée sur celle d’Amplats, 16 000 rands. 
 
Le 20 septembre, ce sont les 5 000 travailleurs de la mine de Kopanang, appartenant à la première compagnie aurifère du pays et numéro trois mondial, AngloGold Ashanti, qui débrayaient, suivis le 25 par ceux West Wits, également près de Carletonville, ainsi que ceux de Vaal River, près d’Orkney. Ici encore, la revendication de base, soutenue par la plupart des 35 000 salariés d’AngloGold, est un salaire minimum de 12 500 rands. 
 
Dans le charbon également, les travailleurs commencent à recourir à la grève pour faire aboutir leurs revendications salariales. Le syndicat NUM a déclenché une grève sur le site de Mooiplaats Colliery, près d’Ermelo, dans la province de Mpumalanga province. Coal of Africa, la compagnie minière, avait proposé une hausse globale de salaire de 22% qui a été refusé par les salariés. L’entreprise emploie 368 salariés dont 176 appartiennent au NUM. 
 
Canaliser la révolte
 
Le syndicat NUM, par la voix de son président Senzeni Zokwana, a demandé aux compagnies minières de ne pas tolérer les grèves sauvages qui échappent à tout contrôle. En acceptant une augmentation de salaire suite à une grève illégale, Lonmin a créé un dangereux précédent, avait déclaré Zwelinzima Vavi, le président de la Cosatu, la confédération des syndicats sud-africains. « Si ces travailleurs ont forcé la main de la compagnie de cette manière, par une grève non protégée, qu’est-ce qui empêche (les travailleurs de) Driefontein (l’ancien nom de KDC) de faire de même », soulignait Vavi avant de foncer vers la mine d’or pour tenter, sans résultat, de résoudre le conflit. En ligne avec les craintes des compagnies minières, Frans Baleni, le secrétaire général du NUM a rappelé que 10 000 emplois pourraient être perdus dans le secteur, suite aux grèves. 
 
Rejetant le NUM, jugé trop proche des dirigeants des compagnies minières, et méfiant vis-à-vis du nouveau syndicat AMCU, très actif à Marikana, des mineurs d’Amplats veulent créer un nouveau syndicat. De même, Lonmin a été obligé de négocier directement avec des délégués des grévistes, n’appartenant pas aux syndicats. Des initiatives que la Cosatu, à laquelle appartient le NUM, rejette violemment. 
 
Dans le secteur aurifère, patrons et syndicats craignent que les grèves dispersées ne fassent sauter le système de négociations salariales par branche. La situation échappe à ce point à tout contrôle que des parlementaires de l’ANC, responsables d’une commission sur les mines, n’ont pas osé se déplacer à Marikana. De même, des dirigeants du NUM n’avaient pu parler aux grévistes que depuis un véhicule blindé de la police.


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