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Le retour du rhodium

Le 01 septembre 2014 par Daniel Krajka


Les platinoïdes vont bénéficier de la réduction de l'offre provoquée par les 5 mois de grèves dans les mines d'Afrique du Sud. Soutenue par la demande de l'industrie automobile chinoise, le rhodium va sensiblement s'apprécier.

 

Contrairement aux autres métaux dont l'offre continue d'augmenter régulièrement, la production de platinoïde aura sensiblement reculé en 2014. La grève de cinq mois, qui a stoppé toute activité dans les mines du Rustenburg, a en effet bouleversé toutes les prévisions de production de platinoïdes en Afrique du Sud, de loin le premier producteur de ces métaux précieux, rappellent Grant Sporre et Michael Lewis dans une étude publiée par Deutsche Bank. Les analystes ont en conséquence réduit de respectivement 29%, 37% et 26% leurs attentes de production en 2014 pour le platine, le palladium et le rhodium.

 

 

Les platinoïdes vont continuer de bénéficier de l'augmentation rapide de la consommation destinée à la fabrication de catalyses pour l'automobile. Si la demande de platine souffre de l'atonie du marché des automobiles dotées d'un moteur diesel en Europe, le palladium et le rhodium vont profiter du dynamisme des marchés chinois et nord-américains, dominés par les moteurs à essence. La Chine où le taux de motorisation de la population est encore très bas et où la lutte contre la pollution s'accroit rapidement devrait représenter 44% d'une demande additionnelle de palladium attendue, par la banque allemande, à 2,66 millions d'onces d'ici à 2023. Pour le platine et le rhodium, les parts de la Chine devraient atteindre respectivement 23% et 30%.

 

 

Si les stocks de platinoïdes sont encore suffisamment importants pour peser sur les cours, les déficits du marché et les volumes grandissants passant sous le contrôle des investisseurs vont finir par les réduire fortement. La tendance sera toutefois moins prononcée pour le platine que pour les deux autres métaux. Le rhodium, qui est le plus efficace pour traiter les émissions de NOx (oxyde d'azote), devrait bénéficier de la forte appréciation des cours du palladium. Il devrait également attirer l'intérêt des investisseurs. A court terme, Deutsche Bank table sur une correction des cours du palladium provoquée par un ralentissement de la croissance de la production automobile en Chine.

 

 

Contrairement à l'or et à l'argent, les platinoïdes n'ont jamais démontré de forte corrélations avec les taux d'intérêt américains, le S&P 500 et le dollar, rappellent Grant Sporre et Michael Lewis. Ce qui devrait les protéger si les taux d'intérêt et le dollar grimpent. Plus important, les fondamentaux physiques des platinoïdes vont se tendre dans les prochaines années avec une production sud-africaine qui continuera de décevoir et des marchés automobiles qui poursuivront une croissance soutenue en Chine et aux Etats-Unis. Ces tendances haussières des cours devraient être renforcées par les mouvements des investisseurs.

 

Si Deutsche Bank table sur des reculs des cours de 13% pour l'or et de 4% pour l'argent d'ici à 2017, la banque prévoit des hausses sensibles pour les platinoïdes. L'once de palladium devrait gagner 11% pour regrimper à 1 000 dollars. Le platine et le rhodium devrait s'apprécier de 22% et 28% pour atteindre respectivement 1750 et 1 700 dollars.

 


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