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Le marché du platine dans les mains des mineurs sud-africains

Le 03 mai 2013 par Daniel Krajka


Les grèves en Afrique du Sud avaient contribué à rééquilibrer le marché du platine en 2012. Les prix devraient continuer de se redresser en 2013, mais tout dépendra de l’évolution de la situation sociale dans le grand pays producteur du platinoïde.

 

Après sept années consécutives de surplus, le marché du platine a enregistré un léger déficit de 83 000 onces (2,6 tonnes) en 2012, a rappelé William Tankard, le directeur de la recherche minière de Thomson Reuters GFMS. Les stocks se sont donc arrêtés de croître après s’être substantiellement appréciés depuis 2004. Ce renversement de tendance est entièrement attribuable à la contraction de l’offre tombée à 7,104 millions d’onces. La production minière, le recyclage des pots catalytiques et celui des broutilles issues de la joaillerie ont respectivement diminué de 10%, 9% et 19%. Mais, dans l’absolu, ce sont les grèves sauvages en Afrique du Sud – le pays qui assure plus au moins 75% de l’offre globale –  qui ont retiré les plus importants volumes au marché, 620 000 onces, soit 19,1 tonnes. 
 
La production de platinoïdes en Afrique du Sud ne devrait pas rebondir en 2013 prévoient les analystes de Thomson Reuters GFMS, attendant un redémarrage des mouvements sociaux qui ont perturbé ce secteur en 2013. Un échec de la restructuration en cours du secteur aurait des conséquences négatives pour les prix de platine créant une situation qui ne justifierait plus les investissements en cours. On pourrait alors assister à une nouvelle vague de programmes d’économies et d’annulation de projets. « Tout est en place pour de nouveaux troubles sociaux alors que nous entrons dans une période de négociations salariales en Afrique du Sud et que les programmes de restructuration des mines sont négociées avec le gouvernement », a souligné William Tankard. 
 
Contrairement à l’offre, la demande a montré en 2012 une stabilité certaine, progressant de 1% à 7,187  millions d’onces. Alors que la production automobile mondiale continuait sa marche en avant, augmentant encore de 6% à 83 millions de véhicules, la consommation de platine pour fabriquer des catalyses destinées à l’industrie automobile a chuté de 4% à 2,936 millions d’onces. Un paradoxe qui s’explique par la mauvaise tenue du secteur en Europe, et donc du reflux de la production de moteurs diesel. Ce recul a été amplifié par la croissance de l’utilisation du palladium, y compris dans les catalyses destinées aux moteurs diesel, ainsi que par de nouvelles économies d’utilisation des métaux précieux dans ces applications. 
 
La demande de platine pour les applications industrielles a légèrement progressé de 1% à 1,983 million d’onces, la faiblesse de la consommation dans l’électronique, le verre et la chimie étant plus que compensée par celle de l’industrie pétrolière en hausse de 20%. Mais, en absolu, c’est la demande de la joaillerie, en augmentation de 9% à 2,268 millions d’onces qui a tiré le marché. Les acheteurs chinois ont en particulier su profiter de la volatilité des prix pour précéder à des achats massifs. La demande des investisseurs a également augmenté, les stocks détenus par les fonds indiciels (ETF) ont augmenté de 237 000 onces, soit 64% de plus que l’année précédente. Les stocks détenus par les investisseurs atteignent 4,3 millions d’onces. 
 
En 2012, rappelle GFMS, le prix moyen de l’once de platine avait reculé de 10% à 1 551 dollars. "Le prix du platine cette année n’est pas encore fixé et sera en 2013 encore déterminé principalement par l’offre. Si les restructurations sont effectuées et l’offre limitée nous pouvons tabler sur un sentiment raisonnablement positif des investisseurs aptes à absorber un léger surplus et à soutenir les prix tout au long de l’année pour les amener vers une moyenne proche de 1 600 dollars", a expliqué Tankard. 
 
L’analyste a toutefois mis en garde : "Avec plus de sept mois de demande, soit un an de production minière sud-africaine, entreposés dans les marchés finaux, il y a vraiment plein de métaux. Les perspectives de la demande, particulièrement en Europe, demeurent fragiles et l’offre de platine doit être restreinte pour que les prix remontent et gratifient correctement les investissements à long terme dans une industrie qui subit une inflation continue", conclut le directeur de la recherche. Si les compagnies minières ne réussissent pas à fermer leurs puits les moins rentables, les prix du platinoïdes pourraient plonger, sous l’effet conjugué de l’affaiblissement des fondamentaux du marché et de l’inquiétude des investisseurs. 
 
Anglo American Platinum, le premier producteur mondial de platine, va dévoiler la semaine prochaine son nouveau plan de restructuration. Le précédent prévoyait, au grand dam du gouvernement et des syndicats, la fermeture de quatre mines, la cession d’une cinquième et la perte de 14 000 emplois. Ce mois de mai va également voir le début des négociations salariales entre syndicats et compagnies minières. Alors que ces dernières pointent leur manque de profitabilité, les syndicats ont déjà fait savoir qu’ils demanderaient des augmentations à deux chiffres.
 


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