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La réduction de l’offre va soutenir les cours du platine

Le 20 août 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Platinoïdes

La baisse du prix des platinoïdes avait déjà provoqué des fermetures de capacités. Les conflits actuels en Afrique du Sud vont rééquilibrer le marché et pousser les cours à la hausse alors que le recyclage prend une part toujours plus importante.

 

Les fondamentaux du platine semblent s’être consolidés, affirme Daniel Brebner de Deutsche Bank, notant que le prix de l’once de métal, tombé sous les 1 400 dollars, s’était apprécié, dopé par le conflit qui agite les mines sud-africaines. Si la demande reste faible, en particulier en Europe, l’offre s’est brutalement détériorée en Afrique du Sud, pays qui assurait en 2011 pas moins de 75% de la production mondiale de platine.

 

Au cours du premier trimestre la production sud-africaine a été sensiblement réduite par la mise en œuvre d’une nouvelle directive gouvernementale destinée à diminuer le nombre particulièrement élevé d’accidents dans les mines de platine. Les conditions de travail y sont très dangereuses par l’effet combiné de la géologie – les mines sont très profondes et difficiles d’accès – et du manque d’investissements. Si la fréquence des arrêts préventifs a ralenti, les grèves se sont depuis multipliées. Aux classiques revendications de salaires se s’est ajouté un conflit majeur entre deux syndicats prétendant représenter les travailleurs de la mine.

 

Un nouveau syndicat, AMCU, avait déclenché une grève de 6 semaines pour être reconnu par la compagnie minière Impala Platinum, le numéro deux du secteur, sur le site de la mine Lease Area. La production perdue a été évaluée entre 150 

000 et 170 000 onces. Quant à Lonmin, la compagnie ne traite plus que le minerai stocké, ayant interrompu son activité minière. Elle pourrait perdre une centaine de milliers d’onces, estime la banque allemande. Outre les conflits sociaux, l’actuel bas niveau des cours et la hausse continue des coûts d’extraction et de production du platine ont déjà entrainé une réduction globale de l’offre de 380 00 onces.

 

 

 

 

Si Deutsche Bank table toujours sur un léger surplus du marché en 2012, 146 000 onces, il suffirait que le conflit se prolonge ou s’étende à d’autres mines pour que le marché se retrouve en déficit. Bien que le numéro un du platine, Anglo Platinum, ne prévoit qu’une modeste réduction de son offre, de nouvelles fermetures de capacités devraient soutenir le marché et les cours, prévoit Daniel Brebner. Le risque d’une intervention plus marquée de l’Etat est également à prendre en compte.

 

L’Afrique du Sud détient plus de 80% des réserves de platine identifiées, il n’est donc pas question pour les géants du secteur de procéder comme les compagnies aurifères – Gold Fields ou AngloGold – qui tirent désormais plus de la moitié de leurs revenus de gisements situé à l’extérieur du pays. Contrairement aux compagnies exploitant les platinoïdes, les mineurs d’or se sont largement restructurés pendant la présidence de Mbeki. De 300 000 en 1996, elles n’emploient plus actuellement que 130 000 salariés. L’Afrique du Sud n’est plus que le 4e producteur d’or dans le monde, mais ses compagnies sont aujourd’hui profitables. « Les dirigeants du platine ont juste commencé ce qui a été réalisé dans l’or. Ils vont avoir des décisions difficiles à prendre », a confié à Reuters le directeur exécutif d’AngloGold Ashanti, Mark Cutifani.

 

En augmentant le risque politique, les investissements pourraient encore diminuer. Pas moins de 820 millions de dollars de réduction d’investissement ont déjà été annoncés. De nombreux acteurs sud-africains du platine ne génèrent actuellement pas de cash-flow suffisant pour faire face aux dépenses liées aux investissements, relève Deutsche Bank.

 

 

 

 

Dans ce contexte, la part de l’offre produite par le recyclage des pots catalytiques est toujours plus primordiale. L’augmentation annuelle de la production de métal secondaire est l’équivalent de l’ouverture d’une mine de taille moyenne, a calculé Brebner. De 15,9% en 2011, le pourcentage de métal secondaire dans l’offre globale devrait grimper à 19,4% d’ici à 2014, prévoit l’analyste. Dans l’immédiat toutefois, la chute des prix du platine, ainsi que celle du rhodium qui lui est associé dans la fabrication des catalyses, a réduit les marges des recycleurs, ce qui pourrait provoquer un rétrécissement de l’offre.

 

 

 

 

Cette réduction de l’offre et la reprise attendue de la demande devraient entrainer un déficit de 120 000 onces en 2013 et de 241 000 onces l’année suivante. Assez pour remonter les cours vers les 1 700 dollars en 2013, puis 1 800 dollars en 2014. Les analystes de Barclays Capital attendent même le cours de l’once à 2 200 dollars en 2015.

 



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