imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Chaos dans les mines d’or sud-africaine

Le 27 septembre 2012 par Daniel Krajka


Après les mines de platine, ce sont les compagnies aurifères qui sont touchées par la vague de grèves qui traverse l’industrie minière sud-africaine.

 

Si les salaires dans le secteur aurifère sont supérieurs à ceux pratiqués dans le platine – la restructuration entamée il y a une dizaine d’années a sensiblement augmenté la productivité – les conditions de travail y sont aussi dures. Il n’est donc pas étonnant qu’après les longs conflits d’Impala Platinum en début d’année, puis de Lonmin, les travailleurs des mines d’or se soient également mis en grève pour soutenir leurs revendications salariales. 
 
Après avoir successivement arrêté les parties est et ouest de KDC, puis Beatrix, trois mines appartenant à Gold Fields, c’est désormais la plupart des 35 000 travailleurs d’AngloGold Ashanti qui ont posé les outils. Globalement, 40% des capacités aurifères de l’Afrique du Sud sont à l’arrêt. Sur une base annualisée, les mines en grève avaient produit 2,36 millions d’onces d’or (dont 1,6 million pour AngloGold) pour une production nationale tout juste supérieure à 6 millions d’onces. 
 
Un groupe de grévistes d’AngloGold a remis à la direction une liste de revendications comprenant un salaire minimum de 18 500 rands. Nous ne savons pas pour quelle catégorie de mineurs s’applique cette revendication a déclaré un porte-parole de la compagnie au magazine professionnel Mining Weekly, précisant que les piqueurs gagnaient 11 320 rands par mois. Chez Gold Fields, la revendication salariale est de 16 000 rands (12 500 rands net), mais les grévistes demandent également le renvoi du directeur d’une mine. La direction de Gold Fields a refusé de rouvrir des négociations salariales, arguant que la convention de deux ans court jusqu’au 30 juin 2013. Le groupe a déjà perdu 32 000 onces de métal jaune soit environ une tonne.  
 
Même position pour la direction d’AngloGold, qui a rappelé que des négociations pour l’ensemble de l’industrie aurifère existaient depuis le milieu des années 1980. Mark Cutifani, le directeur exécutif de la compagnie, expliquait récemment, dans une interview au Financial Times, que des hausses importantes de salaires dans l’industrie minière allaient affecter l’ensemble de l’économie sud-africaine car « l’industrie minière est le secteur fortement utilisateur de main d’œuvre qui paie le mieux ». 
 
Face aux grèves, les compagnies ont durci le ton. Imitant Amplats, le premier producteur de platine, Gold Fields envisage ouvertement de licencier les grévistes s’ils ne reprennent pas le travail. Des menaces encore sans effet, Amplats admet que la présence dans ses mines de Rustenburg est inférieure à 20% malgré une présence policière qui devrait dissuader les violences contre les non-grévistes. Une action massive de la police est en effet nécessaire pour implémenter les injonctions obtenues contre les grévistes par les compagnies minières, confirme David Davis, un analyste de SBG Securities.


Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation