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Amplats va supprimer 14 000 postes dans ses mines sud-africaines

Le 15 janvier 2013 par Daniel Krajka


Après d’importantes pertes entraînées par les grèves de 2012, Anglo American Platinum va céder une mine de platine et restructurer son activité dans la région de Rustenburg. Avec pour conséquences, 14 000 emplois de moins et 400 000 onces de platine retirées du marché.

 

Anglo American Platinum (Amplats), la filiale spécialisée dans les platinoïdes du mineur géant diversifié, avait pris soin de publier une alerte sur résultats avant d’annoncer la suppression de 14 000 emplois dans ses mines d’Afrique du Sud. « Suite aux évolutions de notre marché, jusqu'à 14 000 emplois pourraient être affectés, dont 13 000 dans la région de Rustenburg », la zone riche en platine, au nord-ouest de Johannesburg, cœur des grèves qui ont ensanglanté l’industrie minière du pays (http://indices.usinenouvelle.com/metaux-precieux/du-sang-dans-le-platine-sud-africain.4406), a indiqué le groupe dans un communiqué.
 
En février 2012, Anglo American avait lancé une étude détaillée sur les solutions de retour à la profitabilité de sa filiale à 80 % Amplats, qui assure 40 % de l’offre mondiale de platine. Le plan décidé à l’issue de cette étude comprend la fermeture de quatre puits dans la région de Rustenburg et la vente du complexe minier  Union Mines. « Quatre puits aux coûts de production insupportables, Khuseleka 1 et 2, et Khomanani 1 et 2, seront arrêtés pour entretien et maintenance à long terme », ce qui réduira la production annuelle d’Amplats d’environ 400 000 onces. Le nouvel objectif de production du groupe se situerait ainsi entre 2,1 et 2,3 millions d’onces. Accompagnant cette baisse de la production minière, Amplats pourrait fermer le concentrateur de Waterval UG2 ainsi que sa fonderie n°2. 
 
Commentant la cession d’Union Mines, le groupe a déclaré que ce complexe minier « aurait une valeur supérieure avec un autre propriétaire, particulièrement en tenant compte des options de croissance de son portefeuille d’actifs ». Amplats affirme qu’il procèdera à la vente « au moment opportun ». En attendant qu’un acquéreur ait été trouvé, les activités minières des puits nord et sud seront combinées en une seule opération, Union North Decline arrêtera sa production et le concentrateur Mortimer Merensky sera mis en sommeil pour entretien et maintenance. Cette restructuration des opérations devrait permettre une optimisation de sa profitabilité à long terme et de sa compétitivité. Amplats détient 85 % d’Union qui, en 2011, a produit 254 000 onces de platine avec 7 800 salariés. 
 
Cette restructuration globale offrira à Amplats une meilleure allocation de ses investissements. Toutefois, ceux-ci devraient être réduits d’environ 25 % au cours de la prochaine décennie. Les 100 milliards de rands (11,41 milliards de dollars) sur dix ans que le groupe compte investir « seront concentrés sur les projets à bas coûts et à haute rentabilité », a expliqué la compagnie dans son communiqué. D’ici à 2015, le groupe table sur 3,8 milliards de rands d’économies (435 millions de dollars), dont 390 millions pour la seule réduction de ses frais généraux. 
 
Malgré l’engagement d’Amplats de créer 14 000 emplois dans la région de Rustenburg pour compenser les postes supprimés, les syndicats ont vivement réagi. Lesiba Seshoka, le porte-parole du National Union of Mineworkers (NUM), s’est dit désappointé par l’ampleur de l’opération et a enjoint la compagnie minière de tenter de toutes les manières possibles de réduire le nombre de postes supprimés. Jimmy Gama, le trésorier de l’Association of Mining and Construction Union (AMCU), a déclaré que son syndicat – qui avait mené les grèves de l’an dernier – ne commenterait la décision qu’après avoir reçu les détails de la restructuration. Un ancien leader de la grève a menacé de reprendre les hostilités si les fermetures de puits se concrétisaient. « S’ils ferment un seul puis, nous fermerons tous les puis », ont menacé des mineurs, rapporte la presse sud-africaine.  
 
« Il ne s’agit pas de représailles après les grèves de l’an dernier », a pris soin de souligner Chris Griffin, le directeur exécutif d’Amplats. « En créant une entreprise durable, compétitive et profitable, nous serons dans une position plus forte pour continuer des investissements substantiels, offrir des emplois plus sûrs et plus stables et faire bénéficier nos clients, nos fournisseurs et nos actionnaires – incluant plus d’un million de membres des communautés où nous travaillons et d’où viennent nos salariés… – ainsi que pour l’ensemble de l’économie sud-africaine », a-t-il expliqué. 
 
Le 14 janvier, Amplats avait publié une alerte sur résultats. Les compagnies sud-africaines productrices de platine (80 % de l’offre mondiale) ont été rudement touchées par la vague de grèves qui a submergé le secteur l’an dernier. Amplats avait perdu 306 000 onces de platine et table sur une perte par action comprise entre 491 et 628 cents en 2012. En 2011, il avait affiché un profit de 1 365 cents par action.



 

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