imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Vale dompte les bactéries pour produire du cuivre

Le 06 septembre 2012 par Daniel Krajka


Le géant minier brésilien va utiliser la biolixiviation pour produire du cuivre à partir de ses haldes de stériles. Une technologie déjà maitrisée par le chilien Codelco.

 

La compagnie minière brésilienne Vale, le numéro un mondial du minerai de fer et un acteur majeur des non-ferreux, a développé en partenariat avec l’Université de São Paulo une méthode d’identification des bactéries et des champignons capable de « manger » du cuivre. Les stériles, résidus du traitement des sulfites de cuivre extraits, pourraient être absorbés par des micro-organismes et produire à nouveau du métal rouge. L’utilisation de cette nouvelle technologie pourrait ajouter 1,4 milliard de dollars aux revenus de Vale.

Un projet pilote a été lancé près de la mine de Sossego, dans l’Etat de Pará, au nord du Brésil. Environ 90 millions de tonnes de stériles y ont été accumulés après séparation du cuivre. Ces haldes contiennent encore 0,07% de métal. L’utilisation de ce nouveau procédé pourrait rapporter quelques 600 millions de dollars sous formes de métal, estime la compagnie. « Il s’agit d’une technologie révolutionnaire pour le monde minier. Nous aurions un taux de récupération du cuivre largement supérieur à celui d’aujourd’hui », a indiqué le directeur du département cuivre du groupe brésilien, Eugênio Victorasso.

Toutefois, la viabilité économique du projet n’est pas encore assurée. Il faut encore identifier la bactérie la plus efficace pour isoler le métal. Pas moins de 35 exemplaires différents ont été collectés par les chercheurs de l’Université sur les Haldes proches de la mine. La richesse du minerai de cuivre extrait a tendance à diminuer. Le pourcentage de métal varie actuellement de 0,5% à 1,5% (1% à Sossego). Chaque année Vale extrait 13 millions de tonnes (Mt) de minerais de sa mine de Sossego, pour une production finale de 120 000 tonnes de cuivre.

Un investissement de 5,9 millions de dollars est consacré à ce projet par la BNDES, la banque brésilienne de développement. Dans un deuxième stade, les chercheurs veulent développer un processus pour séparer le cuivre récupéré du micro-organisme qui l’a absorbé.

Codelco avance avec Biosigma



Vale n’est pas seul à vouloir utiliser des bactéries pour produire du cuivre. Le numéro un mondial du métal rouge, Codelco, s’est associé dès 2002 au japonais Nippon Mining & Metals pour créer Biosigma (http://indices.usinenouvelle.com/metaux-non-ferreux/les-bacteries-descendent-a-la-mine.529). Biosigma utilise des bactéries thermophiles provenant des conditions extrêmes du désert de l’Atacama. Pas moins de 25 millions de dollars ont déjà été investis dans ce projet. 
 
Le site pilote utilise les stériles de la mine Radomiro Tomic, dans le nord du pays, à proximité du désert de l’Atacama, où la construction d’une usine de 5,5 millions de dollars a démarré fin 2009. Environ 6 Mt de stériles pourront y être traitées chaque année. La biolixiviation utilisée par Codelco a l’avantage d’utiliser 120 différentes bactéries dont l’action est exceptionnellement rapide. Elle a toutefois un inconvénient, elle ne peut fonctionner avec du minerai contenant du molybdène, or le minerai cuivre-molybdène est fréquent au Chili. Pour le minerai contenant de l’or ou de l’argent, il n’y a pas d’inconvénients, précise Pila Parada, la directrice scientifique de Biosigma. Si le processus est validé commercialement, les réserves identifiées de Codelco pourraient bondir de 120 à 150 Mt.

Une question ? nous contacter


À la une
  • A suivre dans l'actualité

    • Métaux non ferreux (1357)
    • Matières premières industrielles (815)
    • Produits agricoles (719)
    • Energie (649)

© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -