imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Une dernière poussée haussière pour le cuivre

Le 31 août 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Cuivre


 

Tirée par la hausse saisonnière de la demande la cotation du cuivre pourrait à nouveau flirter avec les 9 000 dollars. Mais, dès 2013, l’ouverture de nouvelles mines va rééquilibrer le marché. 

 

« Les inquiétudes macroéconomiques ont clairement pesé sur le prix du cuivre et il y a un risque de volatilité s’il y a de nouveaux chocs macros », expliquait le nouveau directeur général d’Antofagasta, Diego Hernandez, à des analystes, lors de la présentation des résultats du groupe à Londres, le 29 août. Les contraintes sur l’extraction vont se poursuivre dans les années à venir, ce qui permettra d’exploiter des gisements avec un coût d’extraction élevé. Malgré le ralentissement de la croissance, l’offre et la demande sont à l’équilibre, rappelle Hernandez qui table sur un léger déficit en 2012 et un léger surplus en 2013. Antofagasta, qui comme ses concurrents privilégie actuellement les investissements dans les projets de développement de mines existantes (brownfields) plutôt que dans l’ouverture de nouveaux gisements (greenfields), vise une production de 700 000 tonnes de métal rouge en 2012, soit une hausse sur un an de 16,5%. 

 

Le plus important raffineur de cuivre chinois, Jiangxi Copper qui a vu son profit net pour le premier semestre 2012 fondre sur un an de plus d’un tiers à 426 millions de dollars, estime que les prix ne devraient pas rebondir avant la fin de l’année. Pour Andrew Michelmore, le directeur exécutif de Minmetal Resources, les craintes d’un ralentissement de la demande chinoise de matières premières sont exagérées. « Les gens achètent toujours des téléphones, utilisent toujours les télévisions, les réfrigérateurs, les climatiseurs », a-t-il confié au Financial Times, précisant que si « la croissance totale de la demande n’est plus aussi forte qu’il y a un an, elle est pourtant encore bien là ». « En Chine, comme aux Etats-Unis, cette années est dans les limbes », a rappelé Michelmore, soulignant que les Etats n’interviendraient pas avant la relève de la garde.

 

Le marché en déficit

 

Selon les derniers chiffres publiés par l’International Copper Study Group (ICSG), le marché du cuivre est proche de l’équilibre malgré une production minière toujours perturbée. La consommation de cuivre chuté de 7,9% sur un an en mai à 1,712 million de tonnes (Mt). Malgré la faiblesse de la demande, une production de métal raffiné de 1,691 Mt a laissé le marché en déficit pour le cinquième mois consécutif, soit un déficit cumulé pour les 5 premiers mois de 2012 de 405 000 tonnes ou 291 000 tonnes ajusté des variations saisonnières. Ce chiffre est probablement surévalué, estime Jim Lennon de Macquarie Research, en incluant les 340 000 tonnes de métal rouge stockés en Chine hors des entrepôts officiels, le déficit tombe à 70 000 tonnes.

 

La hausse de la demande apparente pour la période comprise entre janvier et mai de 8,3% à 8,685 Mt a été provoquée par un bond de 30% de la demande chinoise qui a plus que compensé un recul de 6,2% de la demande agrégée de l’Europe, du Japon et des Etats-Unis. Durant cette période la production minière s’est appréciée de 2,4% à 6,527 Mt. Si la production de concentrés n’a progressé que de 0,6% la voie électrolytique (SC-EW) a bondi de 9,5%. La production de métal raffiné a augmenté de 4,5% à 6,791 Mt, la fabrication de métal secondaire (+6%) progressant plus vite que celle de métal primaire (+4%). 

 

Le cours de la tonne de cuivre à 3 mois cotée sur le LME a plongé de 13% sous les 7 600 dollars depuis son plus haut en février dernier. C’est la baisse la plus basse parmi les métaux de base, constate Stephen Briggs dans une note de BNP Paribas, même si depuis son plus haut du cycle, début 2011, la baisse est de 25%. Ce qui permet au cuivre de culminer à un niveau plus élevé au-dessus de ses coûts de production que les autres non-ferreux. L’accélération des ouvertures de nouveaux projets cuivreux ne devrait pas remettre en cause cette situation favorable avant 2013, affirme l’analyste.

 

 

Le cuivre semble moins exposé que les autres métaux aux aléas du cycle, et a montré une plus importante résilience lors de la crise financière de 2008-2009. Cette résilience avait été favorisée par le massif plan de stimulation de l’économie qui avait dopée les industries voraces en cuivre. Si la croissance globale ne se détériore pas brutalement, en Chine ou ailleurs, la banque française parie sur un rebond saisonnier en fin d’année. Elle prévoit également pour 2013 une hausse de la demande de 3% en 2012, tirée par la Chine, +7 à 7,5%, et malgré une baisse de 2% dans les pays industrialisés. L’analyste maintient sa prévision de hausse de 4,5% en 2013.

 

Après une hausse de la production minière qui pendant une décennie n’a pas dépassé un faible 2%- 2,5% annuel, les investissements massifs dans le secteur devraient enfin entrainer une augmentation substantielle de l’offre. Deux mines géantes, Escondida au Chili et Grasberg en Indonésie, devraient à elles seules amener 500 000 tonnes de cuivre additionnelles au marché d’ici à 2013. En théorie, la production minière devrait grimper de 25% entre 2011 et 2014. En réalité, rappelle Briggs, les incidents qui traditionnellement affectent l’industrie minière ne vont pas disparaitre, retardant toujours l’achèvement des projets. Il faudra également reconstituer des stocks de concentrés bien vides actuellement et il sera difficile de trouver les déchets cuivreux nécessaires à la production de métal secondaire. La croissance du raffinage devrait dont être plus modérer mais s’apprécier cependant de 15% entre 2011 et 2015. La hausse de l’offre ne se concrétisera pas avant 2013 et, à plus long terme, les décisions prises de retarder Olympic Dam en Australie, voire d’annuler Tampakan aux Philippines, démontrent que l’augmentation rapide de l’extraction minière ralentira fortement après 2015.

 

S’il attend des surplus de 250 000 et 350 00 tonnes en 2013 et 2014, Stephen Briggs continue de tabler sur un déficit de 300 000 tonnes en 2012. Les importants stocks de cuivre constitués par la Chine devraient se maintenir alors que ses importations au deuxième semestre devraient baisser par rapport à celles du premier semestre. Avec la hausse de la demande saisonnière les marchés vont se tendre en fin d’année et il se pourrait bien que la cotation du métal approche à nouveau les 9 000 dollars. Un nouveau record historique est possible. Mais ce sera le chant du cygne du métal rouge, l’arrivée du cuivre en provenance des nouveaux gisements inversera rapidement la tendance haussière. Après une moyenne annuelle de 8 811 dollars en 2011, le cours du cuivre reculera à 8 100 dollars en 2012 et à 8 000 dollars en 2013, prévoit BNP Paribas. Le recul des prix sera modeste en raison du bas niveau des stocks et de la solidité des fondamentaux du métal à long terme. 


Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -