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Russie : naissance annoncée d'un géant

Le 30 mai 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  Rusal, BHP Billiton
NorilskMine2
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Après plusieurs mois de flirt poussé Norilsk et Metalloinvest pourraient inviter Rusal à leur mariage.

Après avoir annoncé la veille que les négociations avec Mettalloinvest étaient rompues en attendant l'introduction en bourse de ce dernier, Interros, la holding de Vladimir Potanin, déclarait avoir l'intention d'acheter 25% plus une action du groupe sidérurgiste contrôlé par Alisher Usmanov.

Parallèlement Gallagher, le fonds d'investissement d'Usmanov, rachèterait 10% de Norilsk, le plus important producteur mondial de nickel, dont plus d'un quart des actions sont détenus par Vladimir Potanin. Oleg Deripaska, l'oligarque qui contrôle le premier aluminier russe, Rusal, avait l'intention de joindre Norilsk à son empire, après avoir racheté les 25% de l'ancien partenaire de Potanin, Mikhaïl Prokhorov.

Pas de problème, Potanin et Usmanov l'invitent à la fête pour créer un géant métallurgique et minier capable de rivaliser avec les géants brésilien, Vale, et australo-britanniques, BHP Billiton et Rio Tinto.

Un montage financier complexe

Alors que le secteur de l'énergie en Russie est déjà fort concentré avec notamment le géant du gaz, Gazprom, qui pourrait détrôner ExxonMobil comme roi des hydrocarbures, celui des mines et des métaux est encore assez dispersé.

La création d'un champion national de taille mondiale serait vue d'un œil, ou plutôt de deux yeux, favorable par les locataires du Kremlin. Le nouveau béhémoth serait le numéro un du nickel et des platinoïdes, le troisième producteur d'aluminium et un acteur non négligeable de l'acier et de ses intrants. De plus les trois entreprises sont complémentaires, souligne l'analyste de Nomura Paul Cliff.

Les riches gisements de nickel et de palladium ont fait de Norilsk une machine à cash telle que de nouveaux investissements dans ses secteurs d'activités ne pourraient qu'abaisser ses taux de profit. Par contre Rusal, s'il a de grandes ambitions de développements ne dispose pas des liquidités nécessaires pour les réaliser.

Une situation qu'il semble partager avec Metalloinvest. Ces deux derniers ont également une certaine opacité en ce qui concerne leur valeur réelle, contrairement à Norilsk coté à Moscou et à Londres et dont la capitalisation approche les 60 milliards de dollars.

100 milliards de dollars de capitalisation

Les négociations devraient s'accélérer une fois réalisée l'introduction à la bourse de Londres de Metalloinvest, estiment les analystes. Une opération que devrait tenter à nouveau Rusal, malgré les complications judiciaires de Deripaska avec son ancien partenaire Michel Cherney.

En signant une déclaration d'intention avec Usmanov, Potanin a repris l'initiative contre Deripaska, constate l'analyste de Deutsche Bank Olga Okuneva. Rusal et Metalloinvest sont estimés à 30 Milliards de dollars chacun, selon leurs dirigeants. La nouvelle entité aurait donc une capitalisation largement supérieure à 100 milliards de dollars, d'autant que Norilsk, du fait de sa spécialisation, souffre d'une forte décote en comparaison des grands mineurs diversifiés.

Daniel Krajka

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