imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Plus dure est la chute

Le 09 octobre 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  Societe Generale
Ind3118
Ind3118

Les métaux de base n'échappent pas à la crise financière.

Le LMEX, indice synthétique des cours des métaux non ferreux cotés sur le LME, avait perdu en fin de semaine 35 % par rapport aux sommets enregistrés début mars. La chute, amplifiée par la remontée du dollar, s'est accélérée avec un recul de 30 % en trois mois, dont 10 % la semaine dernière. Le cuivre qui, jusqu'à présent, avait le mieux résisté au mouvement baissier, a vu sa cotation - tombée sous les 6 000 dollars pour la première fois depuis février 2007 - fondre de 13,9 % en une semaine. L'aluminium a été emporté par la crise qui frappe ses deux principales utilisations (BTP et automobile) et, à 2 250 dollars par tonne, a perdu 8,6 % pour refluer au plus bas depuis trente et un mois. Le zinc et le nickel subissent également cette baisse généralisée, perdant respectivement 12,2 et 10,8 %. La crise financière s'est propagée à la production industrielle comme l'indiquent les indices de septembre des agents d'achat (PMI) des grands pays industrialisés. L'indice composite PMI Europe-Etats-Unis-Japon se replie ainsi à 44,4 (contre 48,2 le mois précédent), le plus bas niveau depuis décembre 2001. Un décrochage qui présage un net recul des productions industrielles de ces zones. « Ce qui aura des répercutions sensibles sur la consommation des métaux ferreux et non ferreux », explique Max Layton de Macquarie Research.

Demandes en berne

« Les nouvelles habituellement positives pour les cours ne sont plus prises en compte », explique la Société générale qui, dans la dernière livraison de son Commodity Review, a revu en forte baisse la plupart de ses prévisions (lire sur www.indices.usinenouvelle.com). Oubliés les pénuries et les hausses des tarifs de l'énergie et les multiples problèmes affectant les métaux de base. C'est la faiblesse, actuelle ou attendue, de la demande qui emporte les cotations dans sa chute, d'autant que les stocks sont en hausse.

Daniel Krajka
 
« Le retour à une approche fondamentale »
Frédéric Lasserre, responsable de la recherche matières premières de la Société générale

Pourquoi une chute si rapide des cours ?

La violence de la correction s'explique par les raisons de la hausse spectaculaire du premier semestre. Alors que la demande montrait des signes de ralentissement patents, les investisseurs avaient recours aux matières premières pour se couvrir contre la hausse de l'inflation et la baisse du dollar. Ces risques leur paraissaient plus importants que celui d'une récession économique.
Dès lors que la crise financière a menacé de tourner au risque systémique pour les banques, ils ont coupé leurs positions « matières premières ». Nous sommes donc revenus à une approche fondamentale sur ce marché, qui ne justifiait pas les prix atteints cet été.

La crise des banques d'investissement remet-elle en cause les marchés de commodités ?

Il y aura un avant et un après la crise financière pour le fonctionnement de ces marchés. Les marchés de gré à gré vont être sérieusement régulés et vont converger vers les marchés organisés, type LME ou ICE. Les transactions ne seront plus en bilatéral, avec le risque de contrepartie induit, mais seront compensées. Cela permettra d'obtenir la transparence sur l'importance et la nature des opérations à découvert menées sur les matières premières.

Les cours des métaux vont-ils poursuivre leur chute ?

A court terme, je ne vois pas comment ils pourraient y échapper. Les principaux débouchés, BTP, automobile et machine-outil, vont continuer à souffrir, au moins jusqu'au second semestre 2009. La plupart des métaux se traitent déjà en dessous de leurs coûts marginaux de production. Il faut donc s'attendre à des annonces de réduction de production et d'annulation de projets. Mais, au moindre signe d'amélioration des commandes, les prix repartiront aussi vite à la hausse.

Daniel Krajka


Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation