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Un marché du molybdène difficile à décrypter

Le 28 août 2014 par Daniel Krajka


Si la demande de métal continue de croitre à un niveau élevé, le marché pourrait se retrouver en net déficit si tous les nouveaux projets miniers ne sont pas financés.

 
S'il est relativement simple de connaitre la production des mines de molybdène hors de Chine – les compagnies minières et les pays publient régulièrement des rapports – il est plus difficile de se faire une idée juste de la production de métal raffiné, indique Jim Lennon dans une présentation publiée par Macquarie. Le problème est encore plus complexe lorsque le molybdène est extrait en tant que sous-produit par des compagnies minières dont le planning ne dépasse pas une année.  
 
La situation est encore plus opaque en Chine où les rapports sur la production – des statistiques largement sous-évaluées – ne sont plus publiés depuis 2013. Le pays assure 40% de la production mondiale, estime l'USGS. En 2009, l'envol des importations a probablement entrainé la constitution d'importants stocks, rappelle Lennon, soulignant que l'on ne sait pas s'ils existent toujours ou s'ils ont été consommés. Le rôle du SRB, qui gère les stocks stratégiques et qui semble être à l'achat actuellement, est également mal défini. Enfin, les capacités d'extraction des mines en activités sont mal connues mais la situation est encore plus opaque concernant leur évolution. Il en est de même pour la structure de coûts du secteur, il est quasiment impossible de déterminer le niveau de prix suffisant pour inciter à investir ou celui qui oblige à fermer une mine. 
 
La volatilité de la production de molybdène est largement supérieure à celle du métal rouge, il y a bien sûr des cycles, mais il est difficile d'en prévoir la durée, constate Lennon. Comme pour les autres métaux, les projets de nouvelles mines ne manquent pas, mais combien bénéficient-ils des investissements nécessaires à leur mise en œuvre, s'interroge l'analyste. Certes la production additionnelle devrait provenir de projets cuivreux pour lesquels le molybdène est un sous-produit mais les installations nécessaires pour séparer et traiter le métal réclament des investissements difficiles à trouver dans l'environnement économique actuel. 
La Chine, qui est déjà le facteur déterminant de l'évolution de la production, pourrait devenir un exportateur net majeur.  
 
Pas moins de 300 millions de livres de nouveaux projets pourraient voir le jour d'ici à 2023, mais plus de la moitié ne dispose pas de financements assurés. Plus des deux-tiers de ces projets concernent des mines dans lesquelles le molybdène est un sous-produit. Parmi ceux assurés de disposer des financements nécessaires, 50 millions de livres concernent des mines dédiées au molybdène et 166,3 millions devraient correspondre à des sous-produits. Pour les projets qui attendent leur financement, 65,1 millions de livres devraient venir de mines primaires, 182,5 millions, de sous-produits. 
 
Pour l'évolution des capacités lors de la décennie 2013-2023, la banque australienne a envisagé trois scénarii: un scénario de base avec une croissance moyenne annuelle de 4% ajouterait globalement 259 millions de livres à l'offre potentielle, et deux scénarii, haut et bas, avec respectivement 3% (+84 millions de livres) et 5% de hausse moyenne (340 millions de livres). 
 
Tablant sur une hausse moyenne de sa demande annuelle de 6%, Macquarie prévoit que la Chine, qui était exportateur net lors des années 2000, deviendra progressivement un importateur net, avec près de 100 millions de livres achetées à l'étranger en 2023 pour une consommation totale de 350 millions de livres. 
 
Avec un rythme de croissance moyen annuel de 3%, la production sécurisée financièrement devrait être suffisante jusqu'en 2021. Pour arriver à 2023, une production de 75 millions de livres, non encore financées, sera nécessaire. Une croissance de 4% tendra le marché dès 2019 et une hausse moyenne de 5% créera une pénurie dès 2018. Dans le scénario de base, ce sont donc 150 millions de livres de ressources additionnelles qui seront nécessaires d'ici à 2023 et pas moins de 230 millions dans le scénario haut. Lennon table sur une croissance de la production chinoise de 65 millions de livres entre 2013 et 2023, ce qui pourrait se révéler inférieure à la réalité. Pour les producteurs chinois tout dépendra, comme souvent, du niveau des prix.

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