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"Les terres rares sont sensibles au moindre choc"

Le 26 février 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Entretien, Métaux critiques
Grégory Gautier, président de MTL Index
Grégory Gautier, président de MTL Index
DR

ENTRETIEN 

Entretien avec Grégory Gautier, président de MTL index, et Florent Detroy, expert en métaux stratégiques dans cette société.

 

Vous avez lancé, voilà plus d’un an, une offre d’investissement dans des stocks physiques de terres rares destinée aux particuliers. On a parlé de bulle il y a deux ans. N’est-ce pas un marché trop fragile ?

Florent Detroy : Des crises sont possibles du côté de l’offre comme de la demande. Les métaux stratégiques sont sensibles au moindre choc, car ce sont de tous petits volumes. Mais non, on ne peut pas parler de bulle car ce marché n’est pratiquement pas financiarisé, ou du moins c’est très récent. Après le pic de 2010/11, toute la question est l’identification du « bottom » [le point bas, ndlr] avant la reprise. Le marché des aimants permanents, par exemple, ne présente pas de risque fort. Il existe des recherches sur une substitution, mais les pistes explorées ne sont absolument pas industrialisables à court terme.

Grégory Gautier : Les investisseurs sont libres de revendre leurs stocks, le marché est assez liquide pour cela, mais pour optimiser leurs gains, nous leur conseillons de conserver ces stocks 3 à 5 ans. Ce n’est pas un investissement à 3 ou 6 mois.

 

La question d’une diversification des approvisionnements – à savoir, hors de Chine – est régulièrement posée. Vers quelles origines croyez-vous que les industriels français pourraient se tourner ?

F.D. : Il existe effectivement quelques pistes intéressantes, comme le gisement suédois de Norra Kärr, qui présente des teneurs assez incroyables. Les pays Nordiques ont conservé un savoir-faire minier perdu depuis longtemps en France. Mais dans tous les cas, les coûts de production resteront très différents entre l’Europe et la Chine.

G.G. : La Chine a pris une avance importante. Nous avons perdu beaucoup trop de temps avant de comprendre l’intérêt stratégique de ces métaux. Aujourd’hui, la Chine est la seule à offrir une visibilité en termes de volume et de qualité.

 

Et en France ?

F.D. : Même si nous trouvions des terres rares, il faudrait les faire raffiner en Chine. Ou, du moins, à l’étranger, éventuellement en Belgique ou en Allemagne.

 

Le remplacement des quotas chinois par des licences n’est-il pas un moyen encore plus efficace d’assurer, métal par métal, la satisfaction des intérêts nationaux chinois avant toute exportation, en fonction de la criticité ?

F.D. : La Chine n’a clairement pas l’intention de perdre un tel avantage comparatif. Mais toutes les nations représentées à l’OMC ont ou ont eu la tentation de privilégier leur besoin national. Que cela s’appelle quota, taxe, il y a toujours une différence entre le marché FOB et le marché intérieur. La concentration des producteurs autour de 6 acteurs principaux en est un autre exemple : c’est une institutionnalisation des rapports entre patrons et Etat.


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