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Les terres rares cherchent un nouvel équilibre

Le 05 juin 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux critiques


La brutale retombée des prix des terres rares qui a suivi leur envol suite à l'instauration des quotas d'exportation en Chine devrait s'interrompre avec un nouvel alourdissement de la fiscalité associé à des conditions d'exploitation moins polluantes.


Pour tenter de mieux contrôler sa production de terres rares, la Chine devrait rapidement alourdir la fiscalité et introduire de nouvelles règles pour tenter de venir à bout des petites mines illégales. Pas moins de 100 000 des 110 000 tonnes de terres rares produites en 2013 l'ont été par la Chine, estime l'USGS. Hors, nous a rappelé Christian Hocquard, un économiste-géologue du BRGM, les mines illégales ajoutes 35 000 tonnes de terres rares à la production mondiale. Cette exploitation non seulement pèse sur les cours, mais elle est responsable de la majeures part de la pollution générée par ce secteur. 
 
Accusée devant l'OMC par les Etats-Unis, l'Europe et le Japon, pour avoir enfreint les règles de l'organisation en instaurant des quotas d'exportation, la Chine a perdu une première manche en étant condamnée. Un article du China Daily publié le 27 mai indique qu'une TVA devrait être imposée sur ces produits et que les exportations requerront des certificats de bonne conduite environnementale. L'Etat chinois a également poussé les entreprises actives dans les terres rares à se restructurer autour de deux centres, au nord avec Baotou Steel Rare Earths et au sud avec Guangzhou Rare Earths. Mais cette politique de l'Etat central se heurte, comme souvent, aux intérêts des provinces qui freinent son application. 
 
Les nouvelles mesures devraient permettre aux prix des différents éléments de reprendre un peu de hauteur, d'autant que les stocks qui avaient permis aux entreprises consommatrices de résister aux quotas, commencent à s'épuiser. Depuis le début de l'année, le kilo d'oxyde de néodyme – utilisé notamment dans les aimants des éoliennes –, s'est ainsi apprécié de plus de 25%. Ces hausses vont offrir une bouffée d'air aux deux premiers investissements majeurs, Lynas en Australie et en Malaisie et Molycorp aux Etats-Unis, lancés dans un contexte de prix déprimés. La hausse des prix est aussi une nécessité pour les producteurs chinois dont les coûts ne peuvent qu'augmenter fortement pour répondre aux nouvelles contraintes  environnementales. 
 
Ces tensions sur le marché des terres rares vont également justifier, au moins partiellement, les 12 milliards de dollars d'investissements prévus, selon les calculs de Bloomberg, dans 18 projets répartis dans le monde. Ces projets sont basés sur des ressources identifiées au Brésil, en Inde, au Vietnam, au Kazakhstan, en Russie et au Groenland. Avant que les prix ne retombent plus de 150 juniors avaient des projets d'exploitation de terres rares dans leurs cartons, note Christian Hocquard. Attention, met en garde l'expert du BRGM, seules les terres rares lourdes seront recherchées. En conséquence, "seuls les projets disposant d'un gisement avec une fraction importante de terres rares lourdes, à bonne teneur, avec un projet d'exploration avancé et disposant de financement via des contrats offtake" seront viables. 
 
Outre la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement pour ne pas dépendre d'un seul fournisseur, les industries consommatrices travaillent également à l'élaboration de technologies alternatives. Un article du South China Morning Post explique ainsi qu'une petite entreprise japonaise, Power Japan Plus, a développé un nouveau type de batterie pour les véhicules électriques. Fabriquée à partir de coton organique, ces batteries non seulement génèrent plus d’énergie qu’une batterie lithium, mais elles peuvent être chargées jusqu’à vingt fois plus vite sans perdre leur capacité énergétique, ont expliqué ses créateurs. L'irruption de nouvelles technologies de ce type explique le caractère évolutif et transitoire de la notion de criticité pour les ressources naturelles.

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