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Le marché des terres rares n'est pas encore équilibré

Le 13 septembre 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux critiques


La montée en puissance de l'usine malaisienne de Lynas va fortement contribuer à la hausse de l'offre de terres rares et à la réduction de la dépendance vis-à-vis des producteurs chinois. Mais le marché des terres rares lourdes va rester durablement en déficit.


La mise en place par la Chine de quotas d'exportation des terres rares, destinés en particulier à restructurer la filière et à limiter la contrebande, a provoqué l'affolement dans les industries consommatrices. Le stockage massif et les achats spéculatifs ont alors provoqué en 2011 un envol des prix. Entre 2009 et 2011, le prix moyen de l'oxyde de cérium a été multiplié par vingt-cinq, celui du dysprosium par douze. Un niveau de prix insupportable pour les consommateurs. Les prix se sont dégonflés sous l'effet de la chute de la demande – économie de matière ou substitution – induite par ces prix. Au deuxième trimestre 2013, le prix de l'oxyde de cérium avait été divisé par trois depuis le sommet de 2011, coutant cependant plus du double de son prix de 2009. Le recul a été moins marqué pour le dysprosium, toujours cinq fois plus cher qu'en 2009, et dont le coût n’a été divisé que par deux par rapport à 2011. 
 
Les premiers signes d'une meilleure discipline des producteurs chinois – fermeture des petites mines illégales et lutte contre la contrebande –, l'épuisement des vastes stocks constitués entre 2010 et 2012 et l'amélioration de la situation économique globale devraient participer au rééquilibrage du marché, estime Eric Noyez, directeur exécutif de Lynas. Selon les autorités chinoises, les mines illégales avaient extrait 40 000 tonnes de terres rares en 2012 alors que les opérations de traitement tout aussi illégales amenaient 50 000 tonnes de produits sur le marché. La restructuration de la filière, outre ses bienfaits environnementaux, va réguler l'offre. Aux producteurs chinois vont s'ajouter de nouveaux acteurs comme Lynas dont les capacités sont entrées en service en 2013. 
 
Du côté de la demande, le développement de l'énergie éolienne va fortement soutenir la demande de terres rares comme la fabrication de catalyses, le craquage catalytique, la métallurgie et le Ferrosilicium. Les accumulateurs nickel-hydrure métallique augmenteront la consommation comme la fabrication d'aimants permanents et différentes applications lumineuses. Avec une hausse moyenne annuelle de 5 à 6% de leur production, les nouvelles mines et unités de traitement vont créer un surplus pour certaines terres rares, qui ne le seront plus comme le cérium ou l'Yttrium. Par contre, les approvisionnements en lanthanes et surtout en néodyme et praséodyme seront insuffisants. Il faudra une certaine stabilité des prix tant pour les consommateurs que pour les producteurs, pour que tout le potentiel de croissance de l'offre se réalise affirme Eric Noyez. 
 
 
Lynas dispose de la riche mine de Mount Weld en Australie. Le minerai extrait est traité et séparé dans son usine de Gebeng en Malaisie. Terminée en 2011, elle est entrée en production en 2012 et ses premières livraisons ont été effectuées au deuxième trimestre 2013. La montée en puissance du site a été retardée par la difficulté à obtenir des autorisations règlementaires nécessaires face à la réticence de la population locale face à une usine potentiellement très polluante. Si la phase 1 du développement du complexe malaisien est achevée avec une capacité annuelle de production de 11 000 tonnes de terres rares, la montée en puissance de la  deuxième phase, qui devrait doubler ces capacités, a été repoussée. Ce sont les conditions du marché qui détermineront sa mise en service, souligne Eric Noyez. Moins présentes dans le gisement de Mount Weld, les terres lourdes et l'ensemble samarium, europium et gadolinium ne représentent pas plus de 480 tonnes de la production totale.
 

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