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Maudit nickel

Le 22 octobre 2009 par Daniel Krajka


Vale

L’ouverture du complexe nickélifère de Goro est reportée à 2010, son coût total encore augmenté.

Plus tard, plus cher, le projet Goro Nickel poursuit sa longue litanie d’incidents et d’accidents ; le métal du diable serait-il maudit ? Le 1 er avril dernier, plusieurs milliers de litres d'acide sulfurique se sont répandus dans une rivière proche du site, suite à la rupture d'un joint lors d'essais préliminaires. Une révision totale de l’usine utilisant le toujours très délicat procédé de lixiviation acide a été entreprise avec le constructeur, a tenté de rassurer Peter Poppinga le nouveau directeur de Vale Inco Nouvelle-Calédonie. Ces opérations vont rajouter 40 millions de dollars à la facture totale du complexe, qui, selon Poppinga, devrait toutefois « rester en dessous de 4 milliards de dollars ». Depuis, un dysfonctionnement dans le système de chauffe d'un four à autoclave s'est produit lors d’un exercice de montée en température et en pression début octobre. « Ce sont des choses qui arrivent lors du commissioning (essais techniques), c’est tout à fait normal », a commenté Peter Poppinga.

 

Initialement programmée pour le 31 octobre 2008, le démarrage des opérations avait été d’abord repoussé en décembre, puis en janvier ou février 2009. Des délais qui tombaient à pic dans un secteur où l’offre était largement supérieure à la demande. Une situation qui n’a pas échappé à Inco Vale. « Nous ne savons pas si la demande est réelle, ou s’il s’agit des effets d’un phénomène de restockage ou de spéculation », commentait la semaine dernière Peter Poppinga devant les médias. L’objectif de production du complexe néo-calédonien est de 20 000 tonnes de nickel en 2010. La capacité de traitement de l’installation est de 60 000 tonnes de nickel et de 5 000 tonnes de cobalt.   

 

Des coûts d’investissement qui n’en finissent plus de s’envoler

 

Au début des années 2000, le mineur canadien Inco – initiateur du projet Goro Nickel, racheté depuis par le mineur brésilien diversifié Vale – envisageait de consacrer 1,45 milliard de dollars pour développer le projet. En 2006 l’investissement projeté avait grimpé à 1,875 milliard de dollar. Le cycle haussier des commodités allaient renchérir les prix des métaux et faire s’envoler les coûts d’investissement des projets et en 2008 Vale budgétait 3,2 milliards de dollars pour Goro. Un montant grimpé depuis à 3,775 milliards suite à quelques petites complications environnementales et techniques. Enfin, si Peter Poppinga se cramponne à un coût inférieur aux 4 milliards, le porte parole de Vale Inco Cory McPhee déclarait le 21 octobre à Reuters, tabler désormais sur une addition globale de 4,3 milliards de dollars. Un montant près de deux fois supérieur aux 2,3 milliards de dollars investis dans le site brésilien d’Onça Puma. Celui-ci devrait commencer ses tests au troisième trimestre 2010 et entrer en en fonctionnement en 2011, avec un objectif de production de 51 000 tonnes de nickel.   L’extraction a déjà commencé sur le site minier de Goro annonçait également McPhee.


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