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Les budgets d’exploration minière continuent de baisser

Le 22 octobre 2014 par Daniel Krajka


Pour la deuxième année consécutive, les compagnies minières ont taillé drastiquement dans leurs budgets d’exploration, désireuses d’améliorer leur profitabilité à court terme.


Sans surprise, dans sa dernière étude consacrée aux budgets d’exploration des compagnies minières, le consultant spécialisé SNL Metals & Mining a calculé que les dépenses pour les non ferreux avaient baissé de 25% en 2014. Les budgets combinés des 3 500 compagnies étudiées représentent 10,74 milliards de dollars, le plus bas niveau depuis 2009. En intégrant les chiffres qui n’ont pas pu être obtenus par les auteurs de l’étude, dirigée par Tiffany Steel, ce budget global atteint 1,36 milliard, précise le consultant. En 2013, les budgets combinés avaient déjà reculé à 15,19 milliards de dollars, soit une baisse de 29% par rapport à 2012, l’année de tous les records avec un total de 21,5 milliards de dollars. 
 
Des couts opérationnels et d’investissement plus élevés, un minerai extrait plus pauvre en métal, une demande incertaine et le mécontentement des investisseurs ont obligé les grandes compagnies minières à se concentrer sur leurs mages de profitabilité après des années de croissance accélérée, explique Tiffany Steel. Outre les cessions d’actifs considérés comme secondaires, les grands groupes ont taillé dans leurs budgets d’exploration qui sont en baisse de 25%. Pour préserver leurs liquidités face à l’assèchement des financements les juniors – les petites compagnies spécialisées dans la recherche de nouveaux gisements – ont réduit de 29% leurs budgets d’exploration. L’an dernier, leurs budgets avaient déjà été diminués de 29%. Alors que traditionnellement ils assuraient plus de la moitié des dépenses d’exploration – 55% en 2007 –,  ils n’en assurent plus qu’en tiers, 32% précisément en 2014. 
 
Tous les secteurs ont été touchés par les baisses, métaux de base, diamants, uranium, à l’exception des platinoïdes. Les dépenses consacrées à l’or ont chuté de 31% à 4,57 milliards de dollars. Bien qu’au plus bas depuis 2009, sa part du total est encore de 43%. Par contre, malgré une diminution de 1 milliard de dollars, la part des métaux de base s'est appréciée de 2%. 
 
La faiblesse de l’activité des juniors a entrainé une réduction de 22% des budgets d’exploration au Canada. Aux Etats-Unis, la réduction de 27% a été provoquée par des coupes drastiques dans l’activité des sociétés cuprifères. Le Canada et l’Australie demeurent en tête des pays pour ce type d’activités, suivis par les Etats-Unis, le Mexique et le Chili. En recul de 26%, l’exploration se maintient en Amérique latine. Toutefois, cette activité a subi des chutes de 46% en Argentine et de 42% en Colombie, minée par l’instabilité politique et l’opposition des populations locales. Enfin, si les budgets d'exploration ont baissé de 28% en Afrique, la chute est de 38% en Afrique de l’Ouest, un reflux que l’épidémie Ebola devrait accentuer; 
 
Pour la première fois depuis 25 ans, quand SNL a commencé cette série d’études sur les budgets d'exploration, la part des budgets consacrée aux développements de sites existants a dépassé celle de la recherche de nouveaux gisements. Depuis 2012, les grandes compagnies consacrent une part grandissante de leurs investissements aux projets brownfield, moins risqués et moins voraces en capitaux. Cette tendance a été amplifiée par les difficultés des juniors, qui se concentrent sur l’exploration. Cette politique de maximisation des profits sacrifie le développement des projets à long terme met en garde Tiffany Steel. 
 

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