L'équilibre du marché décidera du niveau des cours.
Lors de la présentation de ses résultats pour le 2ème trimestre, le producteur canadien Teck Cominco s'est montré particulièrement optimiste sur les perspectives du métal tant en 2006 qu'en 2007. Selon le premier producteur mondial, la croissance de la demande globale devrait se poursuivre à un rythme de 5,5 % en 2006 et continuer sur sa lancée à 5,4 % en 2007. Selon ces prévisions la demande devrait donc ajouter 700 000 tonnes à un marché déjà en déficit. L'offre de son côté devrait s'apprécier de 6,5 % pour les concentrés et de 6,1 % pour le métal raffiné. Assez pour augmenter l'offre de zinc raffiné de 600 000 tonnes en 2007, mais insuffisamment pour ramener le marché à l'équilibre. Comme vérifié précédemment dans le cas du cuivre, lorsque les capacités tournent à leur maximum, les incidents se multiplient. De plus, le haut niveau des cours multiplie les revendications des travailleurs du secteur et donc les risques de grève.
Les stocks de zinc continuent de baisser et étaient, le 27 juillet, tombés à 188 925 tonnes. Si la baisse se poursuit à ce rythme un nouvel envol des cours est possible, sur le modèle de celui qui a affecté le cuivre cette année. Les risques de substitution son toutefois mineurs, explique l'analyste de Macquarie Research Adam Rowley. En effet, la principale utilisation du zinc, la galvanisation (40 % de son utilisation) ne risque pas de souffrir de la concurrence d'autres matières car au cours actuel le zinc n'ajoute que 120 dollars au prix d'une tonne d'acier galvanisé.
Plus prudent, Adam Rowley, s'il attend également un déficit en 2006, prévoit un marché à l'équilibre l'année suivante. Ses prévisions chiffrées sont cependant très proches de celle de Teck Cominco, 1 % de demande en moins et 1 % de production de zinc en plus. La consommation chinoise devrait subir un ralentissement sous l'effet des mesures prises par les autorités pour refroidir l'économie, estime l'analyste. Quant à la production, le niveau atteint par les prix devrait entrainer l'augmentation de l'extraction au Kazakhstan et en Chine. Au 1er semestre les productions chinoises de concentré et de zinc raffiné auraient déjà augmenté de respectivement 26 % et 15 %, estime Rowley. Avec un marché qui a déjà intégré les tensions du marché dans le niveau des cours il suffirait d'un léger surplus pour exercer une pression considérable sur les prix du zinc, conclut l'analyste. Les cours ne devraient pas se maintenir en 2007 aux mêmes hauteurs qu'en 2006 et pourraient même reculer significativement si les fonds d'investissement retirent leurs mises.
Daniel Krajka