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Le cuivre toujours tiré par la Chine

Le 20 mai 2009 par Daniel Krajka

Le plan chinois de stimulation de l’économie a relancé la consommation de métal rouge. La situation est bien plus problématique en Europe.

Signe d’incertitude, les métaux non ferreux, en particulier le cuivre qui évoluent dans une fourchette comprise entre 4 100 et 4 800 dollars, continuent de faire preuve d’une forte volatilité sur les marchés. Les métaux de base continuent d’être pris entre une Chine solide et un reste du monde toujours faible, rappelle Janet Kong, de Goldman Sachs. La forte demande chinoise a permis de ralentir la croissance des stocks de nickel et d’aluminium et de réduire ceux de cuivre et de zinc. Malgré la hausse depuis le début de l’année, le niveau de prix actuel du cuivre indique la forte incertitude que les marchés attribuent aux fondamentaux de ce métal, note l’analyste. Selon Kong, la direction que vont prendre les cours dépend de trois facteurs principaux.

 

A l’exception notable du cuivre, tous les producteurs de métaux de base ont sensiblement réduit leurs productions, de 10% pour l’aluminium à 5 et 6% pour le zinc et le nickel. Si les aluminiers chinois ont remis en activité certaines unités en réponse au redressement des cours, l’offre devrait toutefois être limitée par les difficultés financières des producteurs.
 
 
« Les signes d’une amélioration globale de la demande sont devenus plus faciles à trouver », indique l’analyste, qui admet que le niveau actuel de l’activité est toujours  exceptionnellement bas ». Aux Etats-Unis, au Japon, en Corée les industries utilisatrices de métaux semblent avoir touché le fond. Toutefois l’amélioration est trop faible pour avoir un impact significatif sur la demande, estime la banque américaine.
 
Enfin, la Chine, dopée par son plan de stimulation de l’économie, continue de tirer à elle seule la demande mondiale. Mais les importantes importations de non-ferreux et le stockage effectué non seulement par le SRB, mais également par les entreprises, ne vont-ils pas créer un surplus sur le marché chinois si les industries consommatrices continuent de péricliter, s’interroge l’analyste. A cette question fondamentale Bonni Liu, sa collègue de Macquarie, apporte des éléments de réponse après avoir visité plusieurs sociétés utilisatrices du cuivre, situées au Guangdong.
 
Une demande chinoise tirée par les infrastructures électriques
 
Lors d’une visite de deux des plus importants fabricants chinois de fil, câble et tige en cuivre – d’une capacité combinée de 400 000 tonnes – Bonnie Liu a constaté la bonne santé d’un secteur qui tourne à 90% de ses capacités. Bénéficiant d’un carnet de commande rempli par les commandes de l’Etat afin de développer le réseau électrique, les deux sociétés tablent sur une croissance de 10% en 2009. Selon les statistiques officielles, la production de câble a bondi au 1e trimestre de 35% par rapport à l’année précédente. L’analyste, qui attend un ralentissement saisonnier de la demande au 2e semestre, n’a trouvé aucune trace de gonflement des stocks de cathodes ou de produits cuivreux. La hausse des cours du métal rouge depuis début avril a même poussé les consommateurs à diminuer le niveau de leurs réserves.
 
Tombées au très faible niveau de 180 000 tonnes en janvier, les importations chinoises de déchets cuivreux se sont reprises progressivement. En avril elles atteignaient 400 000 tonnes, un niveau néanmoins inférieur de 40% à ce qu’il était en avril 2008. Après des discussions avec des acteurs du marché, Bonnie Liu estime que pour l’année les achats chinois de scraps cuivreux resteront inférieurs de 30% au niveau de l’an dernier.
 
De tous les secteurs utilisant du cuivre, c’est celui des appareils ménagers qui a été le plus affecté par la chute de la demande extérieure, en particulier les climatiseurs, les appareils qui nécessitent le plus de métal rouge. Les commandes à l’export sont en chute de 30 à 40% alors que la demande intérieure progresse de 10%, a indiqué l’un des plus importants producteurs chinois. Le taux d’utilisation de ses capacités qui culminait à 90% l’an dernier était tombé à 40% en début d’année avant de se raffermir à 70% en avril-mai. De plus le plan de relance favorise bien plus la consommation des produits blancs, moins voraces en cuivre, que des climatiseurs. Les constatations de Bonnie Liu corroborent les analyses de Janet Kong, qui estime que l’activité industrielle a pris en mars le relais du stockage.
 
 
Les importations chinoises ont établi de nouveaux records en avril. Les achats de cuivre et de produits cuivreux ont atteint 399 833 tonnes indiquent les douanes. Pour les 4 premiers mois de l’année le total est de 1,33 Mt, soit 40% de plus que pour la même période de 2008. Les importations d’aluminium on atteint 439 902 tonnes en avril et plus de 700 000 tonnes sur les 4 mois, plus du double de l’année précédente. Les achats de cathodes et de scraps devraient se poursuivre en raison des cours supérieurs pratiqués à Shanghai, estime l’analyste de la banque australienne. Cependant, avec l’arrivée du ralentissement saisonnier de la demande, les achats devraient prendre soigneusement en compte l’évolution des cours. Cette hausse des exportations est également visible dans le minerai de fer où les aciéristes arbitrent en faveur du minerai étranger, moins cher et de meilleure qualité que le produit local. L’écart entre les cours du LME et ceux de Shanghai s’est déjà sensiblement réduit.
 
Vers une légère amélioration en Europe
 
En Europe la situation est nettement moins rose. Toutefois, Aurubis – le premier producteur européen de cuivre, né de la fusion du belge Cumerio et de l’allemand Norddeutsche Affinerie –  a émis des commentaires positifs sur la situation globale du métal rouge. « Une pénurie physique de cuivre ne peut être écartée », a-t-il notamment déclaré, soulignant les réductions de production des affineurs, la baisse des stocks dans les magasins du LME et le faible niveau des réserves tout au long de la chaine de production. Selon l’affineur, les premiers signes de reprise de l’économie en Europe apparaissent. Une estimation en ligne avec les commentaires entendus par Adam Rowley de Macquarie lors de la dernière conférence sur le zinc organisée par le Metal Bulletin. Toutefois, constate Aurubis, sa production au 1e trimestre n’est que légèrement supérieure à celle du trimestre précédent. Si la demande du secteur énergétique se maintient, celles de l’automobile et des produits blancs sont en chute de 50%. Le groupe attend cependant une remontée de la demande dans les trimestres à venir.


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