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Le cuivre se redresse

Le 05 janvier 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Cuivre


Malgré une demande faible dans les pays industrialisés, les perturbations qui continuent de réduire l’offre vont maintenir le marché du métal rouge en déficit et soutenir les cours.

Malgré la sévère correction reçue au cours du deuxième semestre, les niveaux record touchés en début d’année ont permis au cours moyen annuel de la tonne de cuivre d’établir un nouveau record nominal à 8 800 dollars. C’est le plus haut niveau depuis 44 ans, s’est réjoui Hernan de Solminihac, le ministre chilien des Mines, citant des chiffres publiés par Cochilco, la commission chilienne du cuivre. Les tensions persistent au niveau de l’offre, a rappelé Solminihac, citant en particulier la météo et les conflits sociaux.

La croissance de la demande de métal rouge avait sensiblement ralenti en 2011, explique l’Economist Intelligence Unit dans son étude trimestrielle sur le cuivre. De 5,6% en 2010, le taux de croissance est tombé à 2,8% en 2011,à 18,712 millions de tonnes (Mt), indiquent les dernières statistiques collectées par le World Bureau of Metal Statistics (WBMS). Outre une demande faible en Europe et aux Etats-Unis, la consommation a encaissé les conséquences des restrictions de crédit en Chine. Elle a également subi la sensible baisse des exportations de produits contenant du cuivre à destinations des pays industrialisés, et plus encore les effets d’un déstockage important. En fin d’année cependant le mouvement semble s’être inversé.

La production de cuivre raffinée continue d’être ralentie par une extraction minière perturbée par une suite d’incidents : grèves, intempéries, accidents, sans oublier la baisse régulière des teneurs en métal des minerais extraits. En 2011 19,959 Mt de cuivre ont été raffinée, soit 2,3% de plus que l’année précédente. Une croissance ralentie, en 2010, la hausse de la production atteignait 3,1%. En cause, explique l’EIU, la production minière a été au mieux étale, finissant l’année à un niveau inférieur de 1 Mt aux attentes. Des conflits longs et durs –3 mois de grève ont arrêté la deuxième plus grande mine du Monde, Grasberg en Indonésie – ont diminué l’offre dans les principaux pays producteurs, Chili, Pérou et Indonésie.

Pour compenser le manque de concentrés les raffineurs ont eu recours à une part plus importante de métal issu du recyclage. Mais les bas prix du métal secondaire ont réduit sa disponibilité. Si en 2010 les productions de métal primaire et de métal secondaire se sont appréciées de respectivement 1,8% et 18,3% sur un an, En 2011, la part du recyclage dans l’offre globale de métal rouge est montée à 19,9% contre 17,1% en 2010 et pas plus de 15% en 2006-2009.

Perspectives 2012-2013

Globalement, le marché du cuivre devrait rester tendu dans les prochaines années, avec une offre qui n’en finit pas de décevoir. La demande sera toujours minée par une consommation qui peine à se redresser – en particulier en Europe où elle ne retrouvera pas le niveau de 2010 avant 2013 – mais devrait progresser de 3,2% et 4,6% en 2012 et 2013 pour atteindre 21,283 Mt. C’est une fois de plus la Chine qui jouera un rôle déterminant avec une consommation en hausse sur deux ans de 14,% à 8,96 Mt. En hausse de 3,6% en 2012 et de 3,4% en 2013, la production globale atteindra respectivement 20,31 Mt et 21,001 Mt lors de ces deux années. L’offre globale continue de subir le contrecoup des mouvements sociaux. Si la grève de Grasberg est terminée, une nouvelle grève massive a stoppé la majeure partie de la production zambienne, l’un des pays où la production s’apprécie le plus rapidement. Au Chili, le premier producteur de métal rouge, l’extraction minière pourrait retrouver le chemin de la croissance après une baisse de 4,5% en 2011. Mais les compagnies minières peineront à compenser l’érosion continuelle de la qualité du minerai extrait. Quant au métal secondaire, son offre sera réduite par une moindre disponibilité de chutes neuves issues de l’industrie manufacturière des pays industrialisés, alors que son prix plus bas n’aidera pas à la collecte.

Résultat, les déficits annuels du marché du cuivre vont remonter en 2013 à 282 000 tonnes, après être tombés à 32 000 tonnes en 2012. Fin 2012 le niveau des stocks ne sera plus que l’équivalent de deux semaines de consommation avant de chuter un an plus tard à 1,3 semaine. Le cours du cuivre est tombé vers les 6 780 dollars en octobre, avant de se stabiliser et de se redresser au-dessus des 7 500 dollars en fin d’année. Les marchés intègrent désormais dans leurs prix la fragilité de la zone euro ainsi que le ralentissement de l’économie américaine et la probabilité d’un atterrissage en douceur de l’économie chinoise.

Toutefois, pour Julian Garran d’UBS, si les autorités chinoises disposent d’outils puissants pour éviter une fuite des capitaux, – ils ont fourni au ministère du transport ferroviaire les sommes nécessaires à leur programme de développement accéléré, ils ont permis aux autorités locales d’émettre des obligations, ils ont fait en sorte que le programme de construction de 5 millions de logements sociaux soit achevé et ont ordonné aux banques d’offrir du crédit aux PME – des menaces sur le rebond de l’économie subsistent. La hausse du coût du travail menace la compétitivité des produits chinois à l’exportation. L’effectivité des investissements induits par l’Etat est discutable estime l’analyste, pointant le rebond des créances douteuses. Enfin, la décision d’augmenter les ratios de réserves des banques tend à restreindre le crédit destiné aux petites entreprises au bénéfice des grandes entreprises d’Etat, entrainant inefficacité, spéculation et corruption.

Dans ce contexte contrasté les prix devraient se redresser en 2012 avant de reprendre leur marche en avant en 2013, prévoit l’EIU. De 8 900 dollars en 2011, la moyenne annuelle des cours devrait légèrement s’apprécier à 8 930 dollars en 2012 et grimper de 5,6% en 2013 pour atteindre 9 425 dollars. Les prévisions ont sensiblement évolué au cours de l’année passée. En juillet 2011 les prévisions pour 2012 se situaient entre 10 000 (BNP Paribas) et 12 000 dollars (Barclays). En novembre la fourchette des prévisions n’était plus comprise qu’entre 7 950 (Société Générale) et 10 075 dollars (Barclays).



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