imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

La hausse de l’offre pèse sur les cours du cuivre

Le 13 juin 2013 par Daniel Krajka


Malgré d’importants accidents dans des grandes mines, l’ouverture de nouvelles capacités va entrainer d’important surplus et un reflux du prix du métal rouge. 

 
Après être tombé à 7 070 dollars le 11 juin, le cours de la tonne du cuivre sur le LME, qui culminait le 5 juin à 7 460 dollars, s’est redressé modestement à 7 193 dollars. En baisse de 10% depuis le début de l’année, le prix du métal rouge est toujours pris en tenailles, entre une demande chinoise plus modérée qu’attendu, et une vague d’accidents miniers qui perturbent l’offre. Malgré une production minière en forte hausse suite à l’ouverture et à la montée en puissance de nouveaux projets d’envergure, les prix ont été soutenus par une production chilienne atone et des accidents majeurs dans deux des trois plus importantes mines du monde. 
 
Accidents dans les mines de cuivre
 
La production chilienne de métal rouge en avril été stable par rapport à l’année précédente – en recul précisément de 0,02% – à 442 700 tonnes, rapporte l’organisme chilien du cuivre, Cochilco. Le pays a produit 163 000 tonnes de cathodes et 279 000 tonnes de concentrés, conservant de loin son premier rang mondial. Le rebond de la production d’Escondida (+8,7% à 96 500 tonnes) a compensé une baisse de 8,7% de la production totale de Codelco à 118 400 tonnes. Parmi les autres grands gisements, Las Pelambres d’Antofagasta a légèrement augmenté sa production, Sur d’Anglo american a continué de monter en puissance et Collahuasi, une coentreprise Glecore Xstrata-Anglo American, a enregistré une chute de 37,8% à 18 100 tonnes. 
 
L’accident le plus grave sur le plan humain a eu lieu le 14 mai en Indonésie où l’effondrement d’un tunnel d’entrainement a provoqué la mort de 28 mineurs sur le site de Grasberg, contrôlé par Freeport McMoRan. L’Etat indonésien a décidé l’arrêt des opérations sur l’ensemble du site, dans l’attente des résultats d’une enquête indépendante. En conséquence, Freeport a annoncé à ses clients un cas de force majeure. Freeport livre la moitié de sa production à deux filiales qui affinent ses concentrés, Atalatic Copper en Espagne et PT Smelting en Indonésie. Le reste est vendu, principalement avec des contrats à long terme à des affineurs en Asie. Depuis le 15 mai, ce sont 40 000 tonnes de cuivre et 90 000 onces d’or qui ont été retirés du marché. Les conséquences de l’accident ont été minorées par l’arrêt de l’affinerie indienne de Tuticorin appartenant à Sterlite Industries. 
 
L’autre accident majeur est le glissement de terrain qui a frappé la mine de Bingham, aux Etats-Unis, une mine appartenant à Kennecott Utah Copper (KUC)-, une filiale de Rio Tinto . Ne pouvant assurer en juin que la moitié de sa production habituelle de cathodes, Rio a également déclaré un état de force majeure. Utilisant des stocks de minerais de moindre teneur et achetant des concentrés, le groupe compte assurer la moitié de ses contrats en juillet. Un programme qui sera difficile à remplir, ses capacités de transport ferroviaire sont limitées, note Andrea Hotter du Metal Bulletin. 
 
Tension sur le métal secondaire
 
Le annonces de fermeture d’affineries utilisant du métal de récupération en Chine semblent confirmer que la hausse attendue de l’offre de cuivre ne sera, une fois de plus, pas au rendez-vous. Pas moins de 600 000 tonnes de métal raffiné pourraient être perdues pour le marché cette année, entre les fermetures d’affineries, et les accidents miniers, estiment les analystes de Morgan Stanley. Pas assez pour gommer entièrement les 930 000 tonnes de surplus attendus en 2013 par la banque américaine, mais suffisamment pour soutenir les cours à leur niveau actuel. D’autant, que depuis avril les stocks de cuivre accumulés dans les entrepôts chinois ont fondu. 
 
Cet optimisme jugé exagéré par  Ryan Belshaw de Macquarie Research, estimant que la moindre disponibilité actuelle de déchets cuivreux ne suffira pas à rééquilibrer un marché du cuivre qui a commencé à recevoir le métal extrait des nouveaux projets qui vont continuer de monter en puissance cette année et la suivante. Le prix de traitement négocié récemment par BHP Billiton – +3% pour le traitement et l’affinage à 72 dollars par tonne et 7,2 cents par livre pour le deuxième semestre 2013 – confirme la faible influence sur le marché du cuivre des tensions relevées sur l’approvisionnement en déchets. En 2012, rappelle la banque australienne, trois affineries de métal secondaire, avec une capacité combinée de 370 000 tonnes avaient été mises en service en Chine. Et ce sont sept nouvelles unités, avec une capacité globale de 1,42 Mt qui sont en cours d’achèvement. Ce sont des surcapacités qui ont provoqué les fermetures, plus que le manque de matière disponible en Europe, affirme Belshaw, rappelant que les affineries en Chine ne tournent qu’à 60% de leurs capacités. 
 
Une vague de nouveaux projets 
 
La demande mondiale de cuivre devrait s’apprécier de 2,5% en 2013, prévoit robin Bahr, le responsable de l’analyse métaux de la Société Générale, tablant sur l’accélération de la croissance de la consommation qui était de 2,1% en 2012. La Chine, qui consomme plus de 40% du métal rouge produit est toujours l’acteur majeur de la demande. Mais, la priorité donnée à la consommation plus qu’aux investissements dans les infrastructures devrait limiter la hausse de la demande de cuivre à 5% en 2013, ce qui pourrait devenir la nouvelle norme plutôt que la croissance à deux chiffres de la décennie passée. 
 
S’il a réduit sa prévision de surplus à 150 000 tonnes en 2013, Robin Bahr l’a augmenté à 620 000 tonnes en 2014. La montée en puissance des nouvelles capacités, comme la mine géante d’Oyu Tolgoi en Mongolie, qui vient juste de commencer à exporter, va submerger le marché. La hausse de l’offre minière devrait bondir de 4,1% en 2013 à 8,6% en 2014, prévoit la SG. Si les accidents, les grèves, les problèmes techniques, la météo et la nécessité d’extraire du minerai à plus faible teneur vont continuer de perturber la production minière, l’augmentation des capacités sera suffisante pour maintenir le marché à l’abri des tensions importantes. 
 
Conséquence de l’envol de l’offre, les stocks qui représentaient 3,1 semaines de consommation en 2011 et 2012 vont grimper à 3,4 puis 4,7 semaines de consommation en 2013 et 2014. L’analyste a revu à la baisse sa prévision de prix moyen pour 2013 de 7 900 dollars à 7 420 dollars. En 2014, la tendance baissière devrait s’accentuer et la SG attend un prix moyen du cuivre de 6850 dollars. A plus long terme cependant, l’urbanisation des grands pays émergent devrait prendre le relai de la demande chinoise ; pas moins de 1 Mt additionnel sera nécessaire chaque année pour répondre à la hausse de la consommation. Alors que les compagnies minières sont entrées dans une phase prolongée de sous-investissement le prix du cuivre devra se maintenir à un nouveau élevé pour inciter à l’ouverture de nouvelles mines, d’autant que le minerai extrait sera de moindre teneur, met en garde Robin Bahr. 
 

Une question ? nous contacter


À la une
  • A suivre dans l'actualité

    • Métaux non ferreux (1352)
    • Matières premières industrielles (815)
    • Produits agricoles (688)
    • Energie (645)

© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -