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La Chine fait trembler les cours du cuivre

Le 12 mars 2014 par Daniel Krajka


Le ralentissement de la croissance chinoise et les craintes provoquées par le défaut de paiement du groupe industriel Chaori pèsent sur les cours des métaux, en particulier sur ceux du métal rouge.


En quatre séances du LME (London Metal Exchange) le cours de la tonne de cuivre settlement a chuté de 5,4% pour tomber à 6 720,50 dollars le 11 mars. Le recul a été également marqué à Shanghai où le sentiment est baissier et où "le recul des cours devrait se poursuivre dans les jours prochains",  a expliqué au Metal Bulletin Tao Jinfeng, un chef analyste de Guotai Junan Futures. Outre le ralentissement de la croissance, l'analyste pointe les craintes concernant le crédit soulevées par la mise en défaut du fabricant de panneaux solaires Chaori et la fin programmée de la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale américaine.
En séance le cours à trois mois du métal rouge est même tombé à 6 608 dollars, tutoyant son plus bas depuis fin juin 2013. Sur la bourse de Shanghai, la tonne de métal est tombée à 7 525 dollars, un niveau touché pour la dernière fois en septembre 2009. Les autres métaux de base ont également reflué mais se sont légèrement repris le 11 mars. Après s'être envolées en janvier, les importations de cuivre en Chine (45% de la demande mondiale) se sont repliées en février. Toutefois, pour les deux premiers mois de l'année, les importations de métal brut et de demi-produits ont bondi sur un an de 41%, note Sijin Cheng, de Barclays Research. Mais ces volumes ne sont pas tous utilisés, une grande partie est accumulée dans les entrepôts du Shanghai Future Exchange, en hausse pour la huitième semaine consécutive à près de 210 000 tonnes. Fin février, estime le consultant CRU, les stocks de cuivre dans des entrepôts sous douanes, avaient grimpé à 745 000 tonnes, approchant le record de 825 000 tonnes, établi fin 2012. 
 
Résultat d'une offre pléthorique et d'une demande anémique, le prix spot du métal qui, l'an dernier, offrait une prime par rapport aux cours de Shanghai, est désormais sensiblement inférieur à ce dernier. Pas moins d'un tiers du cuivre importé était utilisé dans des montages financiers plus ou moins complexes. Le métal pouvait être utilisé comme collatéral pour emprunter des dollars à un taux d'intérêt très bas. Les sommes récupérées étaient ensuite investies dans des actifs à hauts rendements ou prêtées dans les circuits bancaires parallèles. L'appréciation régulière de yuan vis-à-vis du dollar favorisait ces opérations. Les acteurs physiques du secteur, raffineurs, fondeurs et industries utilisatrices se servaient également du métal stocké comme collatéral.   
 
Le sentiment des acteurs de la filiale cuivre en Chine est devenu nettement baissier, note Sijin Cheng, de retour d'une visite sur le continent. Les importations continuent d'inonder le marché alors que la demande n'a toujours pas rebondi. Toutefois, note l'analyste, les utilisateurs ont profité des prix bas pour revenir à l'achat et le pire pourrait bien être passé en attendant le rebond saisonnier du deuxième trimestre. Alors que les industries utilisatrices tournent à un rythme ralenti, les fabricants de câble n'ont toujours pas passé commande. Le marché physique approche probablement son plus bas, prévoit la banque britannique qui attend toutefois un nouveau retrait des cours du métal vers les 7 300 dollars. Si les réseaux électriques commencent à réaliser leurs ambitieux programmes d'investissement la demande repartira à la hausse. 
 
Pour défendre son objectif de croissance pour 2014, +7,5%, le gouvernement a déjà relâché sa politique monétaire. Selon CRU, la croissance de la consommation de cuivre devrait ralentir, de 8,8% en 2013 à 6,1% en 2014. Toutefois, mettent en garde les analystes, si la demande ne s'est pas reprise à mi-mars, la baisse risque de s'accentuer pour les cours du cuivre.

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