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Codelco a besoin d'investissements

Le 21 octobre 2014 par Daniel Krajka


Pour maintenir sa place dans la production de cuivre, le Chili  - et sa société emblématique Codelco – va devoir investir massivement.


Pour maintenir sa position de premier producteur mondial, l'entreprise d'Etat chilienne Codelco a mis en place un substantiel programme de développement. La compagnie, dont la production stagne sous les 1,8 million de tonnes (Mt) depuis plusieurs années, ambitionne de porter celle-ci à 2,5 Mt en dix ans. Lors des vingt années suivantes, elle devrait se stabiliser à 2,3 Mt a indiqué Oscar Landerretche, son président. Le groupe basé à Santiago devra investir 24 milliards de dollars lors des cinq prochaines années et encore 5 milliards de dollars lors de la décennie suivante. "Pour Codelco, ça passe ou ça casse", a expliqué son président, rappelant que les gisements actuels seront épuisés d'ici à 2030 si le programme d'investissements n'est pas réalisé.

Reste à trouver les financements nécessaires alors que le gouvernement cherche plutôt à faire des économies. « Environ un tiers, soit 9 milliards de dollars, sera financé par le placement d'obligations", a indiqué Oscar Landerretche. Le gouvernement a décidé de lever 4 milliards de dollars en emprunt d'Etat pour soutenir l'investissement, rapporte Bloomberg. Le reste devra donc être pris sur les fonds du groupe cuprifère. Pour injecter de l'argent dans Codelco, Alejandro Micco, le vice-ministre des Finances, avait évoqué en avril dernier la possibilité d'avoir recours au fonds souverains d'épargne du pays.

Le cuivre chilien à la peine

Le Chili devrait produire 5,83 millions de tonnes (Mt) de cuivre en 2014, estime la commission chilienne du Cuivre, Cochilco. L'an prochain, le premier pays cuprifère devrait voir sa production passer le seuil symbolique des 6 Mt, à 6,23 Mt. Toutefois, ce seuil aurait dû déjà être dépassé cette année. L'organisme tablait sur une production de 6,07 Mt en 2014, mais a, par deux fois, révisé ses prévisions à la baisse. Les difficultés s'accumulent sur les nouveaux projets alors que les gigantesques gisements qui ont fait la richesse du pays s'épuisent progressivement. Exploitée depuis plus d'un siècle, la mine de Chuquicamata qui il y a dix ans produisait encore près de 1 Mt de cuivre par an, n'en produit plus que 750 000 tonnes.

"L'an prochain et en 2016 arrivera le pic de production de la décennie, mais je ne pense pas que nous assisterons à une hausse significative de la production chilienne avant la prochaine décennie, quand, comme nous l'espérons, les grands projets dans les tuyaux se débloqueront", tempère Juan Carlos Guajardo, le dirigeant du Cesco, le centre local de recherche sur le cuivre. Les gisements les plus faciles à exploiter sont déjà en activité et les nouveaux projets sont situés dans des zones difficiles d'accès où l'eau et l'énergie, indispensables à la mine, sont chers.

Le nouveau gouvernement de centre-gauche a également supprimé des avantages fiscaux dont bénéficiaient les compagnies minières. Les travailleurs, qui réclament une part plus importante et les populations locales qui combattent la dégradation de leur environnement, ajoutent à la complexité de la situation. Un projet de mine cuivre-or de 3,9 milliards de dollars de Goldcorp a été arrêté par la Cour Suprême, décidant que la compagnie devrait trouver un accord avec la population locale.

Si le Chili assure encore pratiquement 32% de l'offre mondiale, sa production n'a que peu progressé malgré la forte hausse cyclique des cours. En dix ans, selon les statistiques publiées par l'USGS, sa production n'a progressé que de 16%, deux fois moins vite que l'offre mondiale. Elle était encore de 36% en 2003, au début du cycle haussier des métaux. Pour maintenir Chuquicamata en activité il faudra transformer la mine de surface en mine souterraine. On utilise également de nouvelles technologies comme la biolixiviation sur la mine de Radomiro Tomic.


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