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Vale parie sur le fer

Le 07 mai 2010 par Daniel Krajka


Le géant brésilien de la mine se recentre sur le minerai de fer. Il a cependant retardé la mise en activité de son projet le plus ambitieux.

Le minerai de fer est devenu, et de loin la branche la plus profitable de l’industrie minière, une constatation que ne devrait pas remettre en cause la hausse de 90% que les mineurs ont imposé aux sidérurgistes pour les livraisons du trimestre débutant le 1 er avril. Vale en a profité pour devenir le deuxième mineur diversifié en terme de capitalisation, derrière BHP Billiton, le numéro un incontesté, mais loin devant Rio Tinto.

 

Les profits du groupe au premier trimestre ont été massivement tirés par des revenus opérationnels de 4,72 milliards de dollars réalisés dans la branche minerais ferreux. En retrait par rapport au quatrième trimestre 2009, les profits opérationnel des non-ferreux font pâle figure avec 1,635 milliard. Dans le nickel ils ont été massivement réduits par une grève qui a paralysé son complexe canadien de Sudbury depuis l’été dernier. En hausse de 27,9% par rapport au trimestre précédent, l’ebitda du secteur ferreux, 2,69 milliards, représente la quasi-totalité des 2,855 milliards d’ebitda encaissés au premier trimestre 2010.

 

Ces résultats expliquent le recentrage de Vale sur son premier métier. Il vient d’annoncer un investissement de 2,5 milliards de dollars pour accéder au gisement ferreux géant de Simandou, en Guinée. Cet énorme gisement, le plus important non encore développé, selon ses promoteurs, nécessiterait un investissement global nettement supérieur à 10 milliards de dollars. Dans le même temps, arguant d’un manque d’électricité à bas coût, il a échangé la majeure partie de sa filière aluminium au Brésil – à l’exception dune participation dans une raffinerie d’alumine – contre une participation de 22% dans le capital de l’aluminier norvégien Norsk Hydro, une reprise de dette de 700 millions et 1,4 milliard en numéraire.

 

En 2007, rappelle Barry Sergeant de Mineweb, Vale annonçait le « développement du plus important gisement greenfield de notre histoire et du plus important projet dans le minerai de fer du monde ». Avec un investissement programmé de 10,1 milliards de dollars, revu depuis à 11,3 milliards le lancement de Serra Sul n’a toujours pas été validé par le conseil d’administration du numéro un du minerai de fer. Situé au sud de la région de Carajas – le cœur de la production de minerai de fer de Vale – dans l’Etat de Para, le complexe aura une capacité d’extraction de 90 millions de tonnes (Mt) de minerai de fer.

 

En 2007 le mineur annonçait le début des travaux en 2008 et la mise en production fin 2012. Dans son dernier rapport l’achèvement du projet est attendu au deuxième semestre 2013, un an plus tard. Dans le nickel, le montant des investissements nécessaires à la réalisation des projets en cours continue de grimper. Les 4,3 milliards de dollars investis en Nouvelle-Calédonie devraient être gonflés par le dernier accident survenu le mois dernier dans l’usine de traitement du minerai. Au Brésil, le budget d’Onça Puma atteint désormais 2,7 milliards de dollars, 349 millions de plus qu’il y a trois mois.

 

Malgré des résultats qui vont être dopés par le quasi doublement des prix du minerai de fer et du charbon, Vale ne pourra mener de front le développement de Simandou et de Serra Sul. D’autant que le groupe, pariant sur l’agriculture, ambitionne de devenir le premier producteur de postasse, un secteur dans lequel il investi encore des milliards de dollars dans la croissance externe.


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