Les prévisions initiales pour la campagne 2009-2010 laissaient entrevoir un déficit de cacao pour la quatrième saison consécutive. « La réalité est aujourd'hui quelque peu différente », indique un rapport de Barclays Capital.

D'après ce qu'indiquent les arrivages de fèves aux ports ivoiriens, la récolte locale se passerait très bien. Selon la banque, les livraisons seraient en augmentation de 20 % sur la période octobre 2009-janvier 2010, par rapport à 2008-2009. Avec une reprise des récoltes ghanéenne et indonésienne - respectivement les deuxième et troisième producteurs mondiaux -, les analystes anticipent désormais des surplus de 66 000 tonnes pour cette campagne et de 13 000 tonnes en 2010-2011.
Mais, en dépit d'une reprise de la production (+ 7,5 %), le marché restera haussier. Car, selon Barclays Capital, « la relance économique est plus importante que prévu ». Une très forte reprise des broyages, entrevue au quatrième trimestre 2009, conjuguée à la faiblesse des stocks, devrait donc maintenir les tensions du marché. De plus, l'incertitude pèse à long terme sur la filière cacao ivoirienne, qui souffre d'un déclin structurel.
Le manque d'investissements dans ce pays a accru la proportion d'arbres arrivant en fin de vie. La libéralisation de la filière en 1999 et la hausse des différentes taxes sur la production ont poussé les planteurs à investir toujours moins dans le renouvellement du verger et dans l'achat d'insecticides et d'engrais. Même si Nestlé s'est engagé à remplacer près d'un million d'arbres chaque année, il faudra au moins dix ans pour renouveler complètement les plantations. Dans ces conditions, Barclays anticipe une hausse des cours du cacao à respectivement 3 340 et 3 488 dollars la tonne en 2010 et 2011 sur l'InterContinental Exchange.
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